#68 Prison & Fiction. Divertir, dénoncer ? (Pdf)

#68 Prison & Fiction. Divertir, dénoncer ? (Pdf)

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#68 Prison & Fiction. Divertir, dénoncer, désinformer ?
[Septembre / Octobre 2017, 60 pages]

Sommes-nous satisfaits de la façon dont la prison est représentée dans les nombreuses œuvres de fiction qui abordent ce sujet de près ou de loin ? La question est légitime pour un bénévole du Genepi ou un spectateur déjà averti de la réalité du monde carcéral. La réponse sera bien souvent négative à ce titre, nous
savons combien il est facile pour de nombreuses productions de verser dans le cliché racoleur, indécent à nos yeux, quand on sait de quoi la prison est faite.
Cela d’autant plus dans des productions à diffusion massive, et cela ne vaut pas uniquement pour la fiction mais aussi pour le reportage d’investigation qui semble souffrir des mêmes travers, à savoir véhiculer des clichés, désinformer le public, voire
légitimer le système carcéral. Jusqu’à douter, dans le cas de certaines œuvres de fiction, de l’intérêt d’avoir situé l’action en prison. Cependant, partir de ce postulat, c’est aussi sous-entendre que la réalité serait trop complexe pour arriver à être retranscrite dans la fiction ; c’est, enfin, établir une forme de
hiérarchie qui suppose que la fiction soit toujours en-deçà du réel car incapable d’informer le spectateur de toutes les subtilités du monde qui nous entoure.
Si l’on peut reprocher à la fiction la façon dont elle est parfois employée, la condamner fermement pour son inaptitude à donner à voir la réalité, et donc celle de la prison, semble un peu péremptoire. On compte d’ailleurs de nombreuses œuvres de fiction qui parlent de la prison d’une façon exemplaire et
dont il ne vient à l’idée de personne de remettre en question le traitement de leur sujet. La question est plutôt de savoir quel usage est fait de la fiction pour traiter de la prison, et principalement lorsque cela sert un but de divertissement.

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