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Le Genepi en chiffres

70 519
personnes incarcérées
au 1er août 2018

900
bénévoles au Genepi
dans 37 groupes locaux

5825
heures d’ateliers en détention
en 2017-2018 pour 2000 détenu.e.s

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Le Passe-Murailles

Rendez-vous à la 37ème Journée Prison-Justice du Genepi !

Rendez-vous à la 37ème Journée Prison-Justice du Genepi ! Plus d’une quarantaine d’ateliers et des temps forts vous seront proposés, sur le thème du décloisonnement des institutions carcérales, l’objet social du Genepi aujourd’hui remis en cause.

Cette édition s’inscrit en effet dans un contexte particulier pour le Genepi, suite au non-renouvellement de la convention qui liait l’association à l’administration pénitentiaire depuis 42 ans. Cette situation menace et empêche l’accès des prisons aux bénévoles. Alors que la prison se ferme et qu’elle reste une zone d’ombre, la rendre visible derrière ses murs est d’une importance cruciale.

La situation est critique – nous parlons de 99 suicides et morts suspectes depuis le 1er janvier 2018, et de plus de 70 000 personnes prisonnières.

Tandis que les projets de construction d’établissements pénitentiaires fleurissent, que de nouveaux murs s’érigent, et que l’action du Genepi est remise en question, il faut prendre le temps, malgré l’urgence, de la réflexion et de l’analyse. La Journée Prison-Justice s’inscrit dans cette perspective.

PROGRAMME 

10h – 11h15 : Plénière d’ouverture avec interventions d’Adeline Hazan (CGLPL), Etienne Noël (Avocat), Jean-Marie Delarue (ancien CGLPL) et le Bureau National Élargi du Genepi.
11h30 – 12h45 : Ateliers 1
14h – 15h15 : Ateliers 2
15h30 – 16h45 : Ateliers 3
17h15 – 18h30 : Plénière de clôture « Perspectives d’actions et de solidarités avec les prisonnier-es » en présence, entre autres, de Gabriel Mouesca (militant de la cause basque et ancien détenu).
20h : Projection ouverte à tous.tes du film « COPEL : une histoire de révolte et de dignité », film espagnol réalisé par les ex-prisonniers de la COPEL (La Coordination des Prisonniers En Lutte).

 

INTERVENTIONS CONFIRMÉES 

Acceptess-T – Actions Concrètes Conciliants : Education, Prévention, Travail, Equité, Santé et Sport pour les Transgenres
Act-up – Association de lutte contre le sida
Amélie Morineau – Avocate, présidente de l’Association de défense des droits des détenus, ancienne genepiste
Anaïs Henneguelle – Docteure en sciences sociales, ancienne genepiste
Bruxelles Laïque – Des initiatives dans les champs interdépendants de l’action sociale, éducative, culturelle et sociopolitique
Catherine Béchaux – Bénévole à la Maison d’accueil des familles de détenus du centre pénitentiaire de Fresnes, autrice de Les passagères du 221
Chirine Heydari – Avocate, ancienne genepiste
Christian Demonchy – Chercheur sur l’architecture carcérale
Christine Ribailly – Bergère, militante anticarcérale et ancienne détenue
Collectif On ne se taira pas – Collectif de lutte contre les poursuites bâillons
Contrôle Général des Lieux de Privation de Liberté
Corentin Durand – Doctorant en sociologie à l’EHESS, ancien genepiste
Delphine Boesel – Avocate, présidente de l’Observatoire International des Prisons
Dominique Simonnot – Journaliste au Canard Enchaîné
Elise Arfi – Avocate, autrice de Pirate n°7
Etienne Noël – Avocat
Farapej – Fédération des Associations Réflexion-Action, Prison Et Justice
Justice pour Angelo
Kevin Chausson – Militant de Solidarité Sida, ancien genepiste
L’Envolée – Journal pour en finir avec toutes les prisons
La Chapelle Debout – Lutte pour l’égalité des droits avec les exilé.e.s, les migrant.e.s, les demandeur.euses.s d’asile, les réfugié.e.s, les sans papiers.
Léopold Lambert – Architecte, éditeur du blog The Funambulist
Matthieu Quinquis – Elève-avocat, ancien genepiste
Melchior Simioni – Doctorant en sociologie économique, ancien genepiste
Mwasi – Collectif Afroféministe
Prison Insider – Le site d’information sur les prisons dans le monde
Syndicat de la Magistrature – Syndicat professionnel de magistrat.e.s français
Vincent Sizaire – Magistrat, Maître de conférences associé à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Zonzon 93 – Prévenir de la délinquance en développant le pouvoir d’agir des jeunes

 

D’autres intervenant.e.s seront annoncé.e.s au fur et à mesure, le programme est en cours d’élaboration.

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Samedi 8 décembre 2018

Université Paris-Nanterre – RER A Nanterre Université

BILLETTERIE – POUR LES PERSONNES EXTERNES AU GENEPI UNIQUEMENT 

EVENT FACEBOOK

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Lettre ouverte à Mme Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice

La décision de la direction de l’administration pénitentiaire de ne pas renouveler la convention la liant au Genepi met cette association étudiante en péril. Considérant que « le rôle du Genepi est essentiel pour le respect de la dignité (des personnes détenues) comme pour notre démocratie » de nombreuses associations et personnalités demandent à la garde des Sceaux de rétablir cette convention.

Madame la Garde des Sceaux,

Le Genepi est une association étudiante œuvrant auprès des personnes incarcérées depuis 42 ans. Le 20 septembre 2018, la direction de l’administration pénitentiaire (DAP) a annoncé de manière brutale au Genepi le non-renouvellement de la convention qui les liait. Suite à cette décision, ses bénévoles se sont déjà vu refuser l’accès à de nombreux établissements pénitentiaires dans toute la France entraînant un arrêt des activités auprès des personnes incarcérées. Cette décision menace aujourd’hui la raison d’être, le décloisonnement du monde carcéral, et l’existence même du Genepi en remettant en cause son fonctionnement, sa liberté d’expression et son indépendance.

Cette volonté de faire taire une association qui compte plus de 800 jeunes bénévoles nous choque. Elle constitue un très mauvais signal pour encourager l’engagement de la jeunesse dans les associations.

Il apparaît que le Genepi est la cible d’une sanction politique visant à empêcher les étudiants du Genepi d’entrer dans les établissements pénitentiaires, de témoigner de ce qu’ils y voient et d’alerter sur les conditions de détention des personnes qu’ils y rencontrent.

Alors que 37 établissements ont été condamnés par la Cour européenne des droits de l’Homme et la justice française, que la surpopulation carcérale bat des records et que les conditions de vie des personnes détenues se détériorent gravement, il nous semble que le rôle du Genepi est essentiel pour le respect de leur dignité comme pour notre démocratie.

D’autre part, le Genepi est un lieu d’apprentissage citoyen pour la jeunesse. Depuis 42 ans, elle a permis à des dizaines de milliers d’étudiantes et étudiants de se sensibiliser et réfléchir aux problématiques en lien avec les institutions carcérales et judiciaires. Ces jeunes citoyens, formés et engagés, se retrouvent souvent par la suite dans des parcours professionnels qui croisent ceux de nos organisations, universités ou institutions. Parmi eux se trouvent de futurs acteurs et actrices du monde prison-justice, qui reçoivent ainsi une première formation de qualité dans le cadre d’une structure historique et au contact de la réalité du terrain.

Le non-renouvellement de la convention nationale pourrait signer la mort du Genepi tel qu’il existe depuis 42 ans, alors qu’aucun des gouvernements successifs n’a remis en cause l’utilité publique de l’association ni sa liberté d’expression. Sanctionner une association critique qui est un témoin des conditions de détention au sein des prisons françaises est un fait grave et un déni de démocratie.

Nous vous demandons, Madame la Garde des Sceaux, d’intervenir au plus vite pour rétablir la convention nationale liant le Genepi et la direction de l’administration pénitentiaire, car cette convention est indispensable pour le bon déroulement des actions de ces bénévoles auprès des personnes détenues.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, notre considération distinguée.

 

Signataires :

Associations

A3D, Association des avocats pour la défense des droits des détenus

ACAT, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture

Afev, Association de la Fondation Étudiante pour la Ville

AIDES

Anafé, Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers

Artag, accompagnement social des Gens du voyage, des tsiganes, des Voyageurs

Artogalion

BAAM, bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants

Ban Public

Bruxelles laïque

CGT Syndicat SPIP

Champ Libre

Coexister

Comede

Confluences

D’ailleurs nous sommes d’ici 37

Emmaüs France

Fédération des acteurs et actrices des danses traditionnelles (FAMDT)

Fédération des associations réflexion-action, Prison et Justice (FARAPEJ)

Fédération addiction

Fédération des Acteurs de la Solidarité

FièrEs

Filmogène, Production de films de fiction et de documentaires, courts et longs métrages

Genepi Belgique

Gisti, groupe d’information et de soutien des immigré.e.s

Ingénieurs Sans Frontières

Justice pour Angelo

La Cimade

La clé des ondes Bordeaux

L’Etincelle, pour une éducation populaire politique

Le Collectif des Associations Citoyennes (CAC)

Le MAG, jeunes LGBT

Les Désobéissants

Les Petits Frères des Pauvres

Ligue des droits de l’homme

Observatoire de l’Enfermement des Étrangers (OEE)

OSB IV

Ovale citoyen

Radio Campus Paris

Refeed, Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable

RESF, Réseau Education Sans Frontières

SAF, Syndicats des avocats de France

Secours Catholique

SNEPAP-FSU, Syndicat National de l’Ensemble des Personnels de l’Administration Pénitentiaire

SNPES-PJJ-FSU, Syndicat National des personnels de l’éducation et du social

Solidaires Etudiants

Solidaires Jeunesse et Sports

Solidaires Justice

Union Syndicale Solidaires

SOS pour les prisonniers

Syndicat Asso-Solidaires

Syndicat de la Magistrature

Syndicat pour la Protection et le Respect des Prisonnier.e.s

UFISC, Union fédérale d’intervention des structures culturelles

UNEF, Union Nationale des Etudiants de France

 

Personnalités

Cécile Duflot, ancienne secrétaire nationale, ministre et députée ;

Christian Daniel, Directeur des Services pénitentiaires d’insertion et de probation honoraire ;

Etienne Noël, avocat ;

Gabriel Mouesca, ancien président de l’Observatoire International des Prisons ;

Henri Leclerc, avocat pénaliste, doyen du Barreau de Paris ;

Marie-Pierre De la Gontrie, sénatrice socialiste ,

Stéphane Mercurio, cinéaste ;

Xavier Renou, des Désobéissants.

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Sanction politique contre le Genepi : la pression monte sur le gouvernement

Communiqué de presse du Genepi – 12 novembre 2018

Le Genepi répond aux critiques qui lui ont été faites par l’administration pénitentiaire pour justifier le non-renouvellement de sa convention de partenariat et dénonce une sanction politique qui menace l’existence de l’association.

Les portes de prisons continuent de se fermer pour le Genepi. La semaine dernière, Fleury-Mérogis, La Roche-sur-Yon et Nancy-Maxéville, ainsi que l’ensemble des établissements de la région Grand Ouest, ont mis fin aux activités en détention de notre association. Nos rendez-vous sont annulés de sorte qu’aucun dialogue n’est possible. Cette liste s’ajoute aux cinq établissements pénitentiaires qui ont fermé leurs portes depuis la rupture de la convention le 20 septembre dans les régions pénitentiaires Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France et Nord. Ces événements confirment l’absolue nécessité pour le Genepi de récupérer la convention nationale afin de poursuivre des activités par ailleurs sollicitées par des directeurs d’établissement pénitentiaires.

Une baisse du nombre d’heures d’activités en détention a d’abord été reprochée au Genepi par l’administration pénitentiaire mais celle-ci découle d’une responsabilité partagée et d’une difficulté croissante à intervenir en prison. Avec le renforcement des mesures de sécurité dans un contexte d’état d’urgence, les délais d’obtention des laissez-passer pour rentrer en détention ne cessent de s’allonger : les Genepistes attendent parfois trois à quatre mois. Les conditions de sécurité sont toujours plus drastiques avec, par exemple, des enquêtes de moralité imposées aux bénévoles ou la présence de personnels de surveillance en salle d’atelier. Certains groupes refusent d’intervenir lorsque les conditions dans lesquelles les ateliers se déroulent sont contraires aux valeurs de l’association, comme lorsqu’elles sont l’occasion d’atteintes à la dignité des personnes détenues. Dans ces conditions, la baisse du nombre d’heures d’action en détention ne peut pas être imputée seulement au Genepi. L’administration devrait aussi assumer sa part de responsabilité puisque entre septembre 2017 et juin 2018, alors même que l’association était encore conventionnée, le Genepi s’est vu refuser l’accès à 18 établissements pénitentiaires.

Alors qu’il a été rétorqué par l’administration que le non renouvellement de la convention “n’était pas une sanction politique”, pourtant, il y a une semaine, la ministre de la Justice affirmait sur France inter que “le Genepi développe des thèses très hostiles à la politique publique, des thèses qui allaient même jusqu’à lutter contre la mise en place de régimes de confiance.” La Garde des Sceaux faisait référence à la décision de la branche Île-de-France du Genepi de pas intervenir au sein du module Respect de la Maison d’arrêt de Villepinte en janvier 2018. Il avait été demandé au Genepi par la direction de l’établissement de fournir un nombre conséquent d’heures d’activités dans le cadre du module Respect réservé aux détenus les mieux notés pour leur bonne conduite (système de carte à points). Dans un souci d’égalité, les bénévoles ont souhaité intervenir dans l’ensemble de cette maison d’arrêt, mais cette proposition a été refusée, par manque de salle et personnels de surveillance selon l’administration. Comme toutes les prisons françaises, celle de Villepinte est surpeuplée et les détenu-es qui ne bénéficient pas du module Respect sont en cellule 22 heures sur 24. Le Genepi n’a pas souhaité cautionner cette inégalité de traitements entre personnes détenues, ayant par ailleurs pris en considération les réflexions de l’Observatoire International des Prisons concernant le module Respect.

Depuis le début de la crise, le Genepi est régulièrement en contact avec les autorités et maintient sa demande de rendez-vous avec la Garde des Sceaux. Après de nombreux articles, des soutiens multiples se manifestent, comme les 60 organisations et personnalités qui ont signé une lettre ouverte s’inquiétant “du mauvais signal que constitue cette décision pour l’engagement des jeunes” ainsi que des acteurs du monde Justice/prison qui ont diffusé un communiqué signé par l’Observatoire international des Prisons-section France, le Syndicat de la Magistrature, le Syndicat des Avocats de France et l’Association des avocats pour la défense des droits des détenus (A3D).

Les membres du Genepi restent profondément choqués du fait qu’un partenariat avec l’administration puisse être conditionné par l’absence de critique et de réflexion sociétale de la part des acteurs de la société civile. Le Genepi revendique son indépendance et sa liberté d’expression, deux éléments qui étaient bien inscrits dans la convention qui le liait jusqu’à maintenant à l’administration pénitentiaire” indique Maxime Boyer, président de l’association. Enfin, le Genepi dénonce à nouveau la sanction politique dont elle est la cible, sanction qui menace l’existence même de l’association. Les membres de l’association renouvellent leur souhait de continuer à intervenir partout en France auprès des personnes détenues dans le cadre d’une convention nationale avec le ministère de la Justice.

 

Contacts
Sophie Chardon, vice-présidente – isp@genepi.fr – 06 41 66 16 62
Eloïse Broc’h – chargée de communication – chargedecom@genepi.fr – 07 52 05 59 08

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La revue du Genepi

Une publication destinée à un public citoyen, soucieux de se tenir au courant de ce qui se passe derrière les murs.

Le Passe-Murailles propose d’informer de façon claire et approfondie sur l’actualité carcérale et judiciaire. Les articles sont majoritairement écrits par des bénévoles de l’association.

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