#58 Des alternatives à la peine

#58 Des alternatives à la peine

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#58 Des alternatives à la peine
[janvier / février 2016, 64 pages]

La peine alternative, par son nom même, porte en elle l’image d’une société qui n’arrive pas à se repenser. L’alternative, en effet, qu’est-ce sinon une voie dissidente face à une orthodoxie ou une doctrine dominante ? Penser l’alternative, c’est penser une norme, à contourner certes, mais une norme quand même. En l’occurrence, la norme serait ici la prison, que nous ne savons donc définitivement pas penser ailleurs qu’au centre de notre arsenal punitif.
Accepter l’alternative, c’est accepter la prison comme solution première. C’est accepter qu’elle fasse office de référence. Et qu’elle continuera à agir comme telle sur les esprits encore longtemps. Mais finalement, pourquoi ne pas s’accommoder de l’idée qu’au moins, un autre possible existe ? Parce que placer malgré tout la prison au centre de la logique répressive, c’est accepter comme argent comptant de placer l’exclusion au centre de notre système de pensée. C’est accepter que des peines
« alternatives » qui sont à même de « répondre aux problèmes de surpopulation dans les prisons, de favoriser la réinsertion et réduire les risques de récidive » restent une marge.
C’est accepter, donc, de continuer à lutter contre l’échec carcéral en travaillant ses à côtés plutôt qu’en s’en prenant au coeur du problème et en acceptant que la prison ne sait pas et ne peut pas constituer une réponse majoritaire.

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