#55 Justice de classe / Justice pas classe (PDF)

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#55 Justice de classe / Justice pas classe
[juillet / août 2015, 60 pages]

Les magistrats occupent dans la réflexion portée par le Genepi une place particulière : celle de l’absent. Depuis 54 numéros que le Passe-Murailles s’attache à porter un regard critique sur le monde prison-justice, son attention a fâcheusement omis de se porter sur ceux qui sont pourtant des protagonistes majeurs du système répressif que nous dénonçons tant.

Il est vrai que de prime abord, on aurait en effet tendance à distinguer les juges des forces de sécurité proprement dites : ils occuperaient une fonction plus noble – d’ailleurs socialement bien plus reconnue.

Un sentiment de sympathie émane naturellement chez les défenseurs des droits et libertés envers ceux qui ont précisément pour mission, d’après l’article 66 de la Constitution, d’en assurer la protection. Il suffit pourtant de franchir les portes d’un tribunal pour que cette sympathie s’interrompe net. La réalité des comportements fréquemment constatés lors des audiences pénales démontre que nombre de magistrats ne se montrent aucunement dignes du pouvoir et de la confiance que la société a mis entre leurs mains. C’est raisonner faussement que de penser que l’appartenance sociale, les études supérieures ou la robe empêcheraient ces détenteurs d’un large pouvoir d’en user et d’en abuser.

Il s’agit ici d’une violence qui ne fait pas de bleus, qui se cache derrière des apparences de respectabilité en robe noire. Il y a ces bougres que l’on envoie sans un regard, après dix minutes d’audience et deux de délibération, passer un an au trou, sans trop s’embarrasser de pédagogie – ni d’ailleurs de sens de la peine. Il y a les mille-et-une humiliations subies par les prévenus, dans un mélange de mépris de classe, de biais racistes, d’indifférence ou de simple manque d’humanité. On leur manque de respect, ils sont rudoyés, moqués, dénigrés.

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