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03/2019 - Communiqué du Genepi Est

Réponse aux inepties écrites par Nicolas Dupont-Aignan

Petite mise au point par le Genepi Est, adressée à Monsieur Nicolas Dupont-Aignan, en lien avec le blocage des surveillant.e.s à #CondéSurSarthe.

« Nicolas Dupont-Aignan, êtes vous totalement ignorant des conditions carcérales ou souhaitez vous volontairement tromper les quelques personnes qui vous lisent ? Du fait de votre place politique, votre publication sur les unités de vie familiales (UVF) entraine une vision totalement erronée des conditions de détention en France et une instrumentalisation de ces données est tout aussi regrettable que dangereuse.
Concernant la population carcérale, 2% des personnes incarcérées le sont pour une peine de 20 à 30 ans. Nous vous apprendrons peut être que 56% des peines effectuées sont d’une durée inférieure ou égale à 2 ans.
Vous affirmez faussement que ces frais incombent aux contribuables, or, une personne détenue souhaitant aller en UVF finance elle même son séjour et ne peut pas y aller tous les weekends. Il faut pouvoir cantiner pour y avoir accès, c’est à dire payer elle même son séjour (pas facile quand on est payé entre 2,41 et 4,35€ de l’heure et qu’on perçoit 1/3 de cette somme !). Par ailleurs, la procédure, longue et complexe, dépend du statut de la personne incarcérée et doit être autorisée soit par un juge soit par le chef de l’établissement pénitentiaire. De plus, seulement 50 établissements pénitentiaires sur 188 sont équipés de telles unités.

Votre publication laisse à penser que « la prison c’est le club med ». Or, la France a été condamnée 17 fois par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour traitements inhumains et dégradants au regard de l’état de ses prisons (art. 3 CEDH)… Cette publication est à proprement parler de la désinformation sur les conditions de détentions et un manque de réflexion sur le sujet. Si toutefois, vous souhaitez profiter de ce confort, alors allez-y, n’hésitez pas : vous y serez enfermé 22/24h, dans une cellule de 9m2 avec deux autres personnes détenues, avec une douche par semaine, sans accès direct aux soins médicaux, sans lien familiaux. On vous assure que c’est possible, la preuve en est que sur 3 personnes qui entrent en détention, 2 n’ont pas encore été condamnées par la justice. Mais dire ça, ça ne rapporte pas beaucoup de voix aux élections.Vous peignez un portrait idyllique de la prison de Condé-sur-Sarthe et votre intérêt pour cette dernière n’est apparemment pas sans lien avec le blocage de l’établissement par les surveillant.e.s à la suite de l’agression de deux d’entre elleux. Depuis mardi, les personnes détenues sont confinées en cellule, sans promenade, sans activité. Les ordures ne sont plus ramassées. L’accès aux soins est réduit au minimum. L’eau et l’électricité ont été coupées plusieurs fois depuis le blocage. Panne de chauffage. Plus de cigarette pour les fumeur.euses. Annulation des parloirs, même ceux avec les avocat.e.s. Des problèmes d’approvisionnements de nourriture. Sans remettre en cause la gravité de l’agression, la privation de droits et la détérioration des conditions de vie des personnes incarcérées à Condé-sur-Sarthe ne feront qu’aggraver le climat de tension qui règne en détention, affectant tant les personnes détenues que le personnel pénitentiaire. Replacée dans son contexte, votre publication, en plus de revêtir un caractère trompeur, est indécente et dangereuse. Nous demandons à ce que vous retiriez votre publication dans les plus brefs délais. »