#52 Société de contrôle. Tous détenus ? (PDF)

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#52 Société de contrôle. Tous détenus ?
[Janvier/Février, 72 pages]

Ce que révèle l’existence d’une prison, ce n’est jamais un état d’avancement moral donné, c’est un contrôle social d’une telle intransigeance qu’il ne peut supporter l’existence d’individus non conformes au sein de la société. Alors que nos échelles de valeurs occidentales font l’apologie de la différence, voilà qu’on la stigmatise, qu’on la pointe du doigt comme source de tous les maux, et qu’in fine, on l’enferme. La prison n’est alors plus qu’une modalité parmi d’autres de ce contrôle social, et il faudrait quitter le champ de la prison pour s’intéresser à la société dans son ensemble.
Certains jugeront le titre « Tous détenus ? » de ce Passe-Murailles provocateur ou excessif : il apparaît alors indispensable de justifier ce choix.
L’on pourra arguer que si un contrôle social imprègne effectivement notre société, celui-ci s’avère plus fort et contraignant à l’intérieur des murs qu’à l’extérieur. Si cette réponse nous vient spontanément, il apparaît que c’est justement parce que nous avons intégré dès notre plus jeune âge les valeurs de notre corps social et intériorisé le contrôle qui lui est associé. Et que, dès lors, le contrôle n’a pas à user de ses modalités les plus contraignantes sur notre personne. Nous devenons nos propres censeurs, afin de répondre à un modèle considéré comme profitable par la société.
Lorsque la différence n’est plus considérée comme une richesse, et que l’on assure la cohésion sociale par le formatage des populations, ne devenons-nous pas tous – détenus ou non – otages d’un carcan immatériel véhiculé par le contrôle social ? N’est-ce pas seulement la modalité du contrôle qui varie, plutôt que l’intransigeance du moule qu’il impose ?

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