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04/2019. Une bibliographie

Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui

Le 30 mars, le Genepi organisait comme chaque année ses Assises. Cette formation, ouverte pour la première fois au public, a pour but de pousser la réflexion des participants sur un aspect précis du système police-justice-prison. Cette année trois thèmes ont été présentés : Féminisme et anti-carcéralisme, Education Populaire et Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui.

Dans le cadre du thème Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui, les militant.e.s du Genepi ont établi une bibliographie, liste de ressources, écrites, audio ou vidéo sur le sujet.

Cette bibliographie est divisée en trois parties qui correspondent aux trois ateliers qui ont eu lieu ce jour-là. Elle n’est évidemment pas exhaustive et n’a aucune prétention de rigueur. Mais nous tenions à partager ce travail collectif de rassemblement de ressources.

 

I – Evolution de l’enfermement : Organisation d’une domination

“C’est encore une ruse de l’institution pénitentiaire de nous faire croire que nous sommes libres quand nous ne sommes pas en prison.” Thierry Levy, Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons.

La prison en tant qu’institution pénale, mais aussi en tant que bâtiment, est construite sur l’idée chrétienne que les peines de prisons sont le prix du rachat de l’âme des “malfrats”.

Les “méchants” viennent y expier leurs péchés, dans la repentance, afin de devenir de meilleurs membres de la société. Pas de projet carcéral sans cette “utopie” qui sert à justifier les privations de libertés et les violences qui les accompagnent.

Alors toutes les prisons qui ont été construites l’ont toujours été pour le progrès, et on a imaginé des prisons “plus humaines”, les politiciens nous ont promis un enfermement “modernisé et humanisé”. Et pendant ce temps, l’enfermement, sous toutes ses formes, s’est répandu et généralisé. Les privations de liberté étatiques ont pris des formes diverses, s’adaptant aux contextes politiques de chaque époque.

 

Les prisons ”modèles”

 

Les centres de rétention administrative

 

Les lieux d’enfermement pour mineurEs

 

Le milieu ouvert et l’assignation à résidence

 

 

II – Evolution de l’enfermement : Organisation d’une domination

Quand il y a enfermement, il y a résistances. Elles prennent des formes variées, plus ou moins spectaculaires, plus ou moins visibles. L’organisation collective des prisonniers fait partie à part entière de l’histoire de la prison. On pense l’enfermement comme une succession de politique publiques, affaires d’architectes bourgeois qui imaginent la prison idéale, ministres de la justice, grèves de surveillants pénitentiaires… Mais l’évolution de la prison vient principalement des luttes politiques des premiers concernés.

Ces résistances correspondent parfois à des moments historiques et politiques et concernent plusieurs prisons en même temps, parfois plusieurs pays.

Elles prennent des formes variées, collectives ou individuelles : utilisation du corps (grèves de la faim, blocages, refus de retourner en cellule, automutilation, …), syndicalisme, solidarités…

 

Vidéo 

 

Films 

 

Audio 

 

Lecture 

  • Je hais les matins, Jean-Marc Rouillan, Editions Denoël

 

III – A l’extérieur des murs : entre réforme et abolition

La prison et l’enfermement en général regroupe de nombreux acteurs, aux positions politiques multiples, défendant chacun leurs intérêts. Entre amélioration des conditions de détention, abolition de la prison mais conservation d’un système de justice (abolition “juridique” de la prison), et destruction de tous les lieux d’enfermement avec une perspective révolutionnaire, le champ politique autour de la privation de liberté est large et multiple. Ce qui se passe à l’intérieur des murs est le résultat de ce qui se trame à l’extérieur.

Le statu quo dont les prisonniers payent les frais tous les jours est aussi le résultat d’une collaboration active de certains de ces acteurs qui créent et maintiennent des politiques publiques toujours plus mortifères, même sous couvert du “bien faire” de la défense des réformes. Car “la réforme du droit criminel doit être lue comme une stratégie pour le réaménagement du pouvoir de punir, selon des modalités qui le rendent plus régulier, plus efficace, plus constant et mieux détaillé dans ses effets” (Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, p.77). “Il faut rappeler aussi que le mouvement pour réformer les prisons, pour en contrôler le fonctionnement n’est pas un phénomène tardif. Il ne semble même pas être né d’un constat d’échec dûment établi. La « réforme » de la prison est à peu près contemporaine de la prison elle-même. Elle en est comme le programme. La prison s’est trouvée dès le début engagée dans une série de mécanismes d’accompagnement, qui doivent en apparence la corriger mais qui semblent faire partie de son fonctionnement même, tant ils ont été liés à son existence tout au long de son histoire. Il y a eu, tout de suite, une technologie bavarde de la prison.” (Michel Foucault, Surveiller et punir, p.236, Gallimard)

Face à cela, les résistances intérieures aux lieux d’enfermement sont relayées par des forces extérieures qui s’organisent pour lutter elles aussi. Quelles ont été par le passé ces luttes à l’extérieur des lieux privatifs de libertés ? Quelles sont-elles aujourd’hui ? Comment s’assurer que la lutte des personnes privées de liberté ne soit pas passée sous silence, et ébranle le reste de la société ?

Le but de ces documents est de présenter les différents acteurs du monde police-justice-prison, hors des murs.

 

Lecture 

 

Audio 

 

Vidéos 

 

Sites 

 

Nous citons des livres dans cette bibliographie, s’ils vous intéressent et que vous pouvez les acheter, privilégiez les librairies indépendantes de vos villes ainsi que les sites des maisons d’édition !