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Communiqué du Genepi

« L’État enferme, la prison assassine »

Le Genepi est une association de décloisonnement carcéral entre ses militant·e·s, les prisonnier·e·s et la société civile. Ce dimanche 18 février, nous avons organisé une journée d’action dans les rues de Paris. En effet, tandis que les murs des prisons sont toujours plus hauts et que les centres pénitentiaires s’éloignent des centres villes et du regard, il est urgent de mettre l’enfermement au centre de l’espace public.

Par nos actions, nous souhaitons réaffirmer que la prison et l’enfermement sont la conséquence de choix politiques qui, contrairement à ce qu’on nous laisse penser, ne sont pas inéluctables. L’enfermement ne doit pas rester un impensé du militantisme alors que la population pénale augmente d’années en années. Le taux d’occupation des prisons françaises atteint 115 % et 1 528 personnes incarcérées dorment sur un matelas à même le sol au 1er janvier 2018 (chiffres de l’Administration pénitentiaire).

L’État enferme…

Pourtant, nous réaffirmons que la construction de prisons n’est pas la solution. Alors que le nombre de délits et crimes n’a pas augmenté, l’État enferme toujours plus et plus longtemps. La durée des peines a doublé en 30 ans et depuis 1990, le nombre de personnes incarcérées a augmenté de 50 %, passant de 45 000 à près de 69 000. Les politiques sécuritaires restreignent nos libertés et mènent à une incarcération abusive : à titre d’exemple, l’attroupement dans un hall d’immeuble est passible d’une peine d’emprisonnement.

Par ailleurs, la prison n’est pas un espace neutre ; on y retrouve en majorité des personnes précarisées, issues de quartiers populaires, qui subissent des discriminations d’un bout à l’autre de la chaine pénale : racisme, islamophobie et classisme.

…la prison assassine

En prison, les populations les plus fragiles sont délaissées : analphabétisme, non prise en charge des pathologies mentales et insalubrité sont la règle. On compte un décès tous les deux jours en détention et on s’y suicide 7 fois plus qu’à l’extérieur, 50 fois plus en quartier disciplinaire. Par la phrase « la prison assassine », nous entendons aussi qu’elle a pour mission de briser les individus, leur corps et leur esprit. Même quand on ne meurt pas de son incarcération, on en reste marqué·e à vie. Les séquelles psychologiques ne sont pas prises en compte tout comme le nombre de personnes qui se suicident après leur sortie de détention.

La prison n’est pas une évidence mais elle est le miroir grossissant d’une réalité sociale, économique et politique elle-même révoltante. Aujourd’hui, nous étions sur le Pont des Arts, au Jardin du Luxembourg, au Jardin des Plantes et sur la Place de la Bastille. Demain, nous continuerons à aller dans la rue et à interpeller les passant.e.s ; nous continuerons à aller dans les collèges et lycées afin de déconstruire dès le plus jeune âge les fantasmes carcéraux ; nous continuerons à former politiquement plusieurs centaines de bénévoles chaque année ; nous continuerons à parler, à débattre, à s’époumoner parfois ; nous continuerons toutes ces actions, minimes mais essentielles. Nous continuerons à lutter !

18/02/2018

Plus de texte et d’images ici sur le site de Fumigène.