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04/2020. Analyse

Le retour du Covid 19..84 : ce que le virus nous apprend de notre société

Derrière les consignes gouvernementales et les hashtags tels que #RestezChezVous, se masque une volonté du pouvoir de distinguer les bon.ne.s citoyen.ne.s, des « irresponsables ». Ce stratagème vient justifier auprès des français.e.s effrayé.e.s par la pandémie, la mise sous surveillance et sous tutelle de quartiers entiers et le sacrifice assumé d’une partie de la population. Au même titre, la mise en place de l’état d’urgence sanitaire, est utilisé pour cautionner un système ultra-répressif.

Le non-respect du confinement, devenu infraction pénale, est le nouveau prétexte invoqué pour justifier le traitement agressif des pauvres et des racisé.e.s, ainsi que les crimes de la police. Les médias dominants, en parfaits alliés du système, s’amusent à filmer les marchés des quartiers populaires avec le biais raciste qu’on leur connait, tout en dépeignant la fuite des Parisien.ne.s comme un « exode » romantique, légitime, peu relié à la diffusion du virus dans certaines régions jusque-là moins touchées.

Nous sommes prié.e.s de nous rassembler sous une « union nationale » complètement fantasmatique, aux relents patriotiques, pour nous donner l’illusion que nous devons toustes fournir le même effort et que nous aurons le même traitement, mais c’est faux.

L’inimaginable se poursuit donc, dans un état de sidération générale.

/ TOUJOURS LES MÊMES QUI TRINQUENT /

Ordonner le confinement, c’est nier l’existence des personnes sans-abris, une cause dont Macron avait fait une promesse de campagne, restée sans suite évidemment. « Restez chez vous », certes, mais l’état n’a que faire de celleux qui n’ont justement pas de chez soi. Rien n’est fait, si ce n’est les amendes et les condamnations qui tombent. Passer le confinement dans un appart petit, mal isolé, délabré et partagé avec plusieurs habitant.e.s ou dans une grande maison secondaire en campagne n’implique pas les mêmes réalités, mais comme toujours ces inégalités ne sont pas prises en compte par les autorités.

La dissuasion par la sanction économique, dans une société de classes sociales inégalitaires, c’est le meilleur moyen de punir toujours les mêmes, tout en laissant les plus riches tranquilles (pour partir en week-end par exemple). Pour plus de 3 infractions aux règles du confinement en 30 jours, l’amende peut s’élever à 3750 euros : soit presque deux fois et demi le SMIC mensuel brut. Au-delà de la sanction économique, l’état complète son arsenal par des peines de prison (jusqu’à 6 mois de prison ferme au-delà de 3 amendes). Nous avons vu ces derniers jours les premiers cas d’incarcération pour non-respect du confinement, nous en sommes aujourd’hui à des dizaines de condamnations. A l’heure où les prisons sont des véritables foyers de contamination, le binôme police-justice continue son sale boulot.

Tandis que le covid enrichit les gros supermarchés, dont le chiffre d’affaire a augmenté sous l’effet de la panique généralisée, certain.e.s (le plus souvent celleux qui sont déjà précaires en temps normal) n’ont plus assez d’argent pour payer leurs courses, comme dans le sud de l’Italie, où des personnes ont tenté de passer aux caisses, caddie plein, sans payer. On le sait, beaucoup de personnes précaires travaillent dans ce qui est appelé l’économie souterraine, or ce secteur est en partie à l’arrêt aujourd’hui. Ces personnes se retrouvent donc sans filet de sécurité financier à l’image des travailleur.eus.es du sexe. Une cagnotte solidaire a été mise en place, vous pouvez les aider ici, si vous le voulez.

Également, le covid exacerbe encore plus les inégalités scolaires. Puisque l’école est le miroir des inégalités, il est évident que l’école à la maison, c’est pire : toutes les familles n’ont pas un ordi pour chaque enfant et/ou un accès à internet. Parmi les familles confinées dans le même espace, de nombreux parents ne parlent pas ou peu français… Des profs, conscient.e.s de ces inégalités, s’organisent pour éviter que cette pandémie ne creuse encore plus le fossé. Les étudiant.e.s ne sont pas en reste, puisque le confinement met les plus précaires d’entre elleux dans des situations extrêmement difficiles. Les aides gouvernementales, arrivées tardivement, sont insuffisantes. Les étudiant.e.s, pour qui les cours continuent, souvent logé.e.s seul.e.s dans de petits logements (au Crous ou ailleurs), doivent aussi affronter la perte de leur travail, qui pour nombres d’entre elleux est leur source de revenu principale.

Les personnel.le.s hospitalier.e.s, dont le gouvernement a hypocritement fait nos héro.ïne.s, après des années de casse des hôpitaux, est évidemment en première ligne face au virus. Pourtant, on oublie souvent les « petites mains », employé.e.s aux cuisines, au nettoyage ou à la blanchisserie, indispensables au fonctionnement des hôpitaux, dont l’accès au matériel de protection contre le virus, déjà insuffisant chez les soignant.e.s, se fera indéniablement en dernier. Sans parler de toustes les autres, ouvrier.e.s, routier.e.s, éboueur.se.s, postier.e.s, etc.

Le problème : beaucoup de grosses entreprises non essentielles ont maintenu leurs activités, mettant ainsi en danger leurs salarié.e.s, comme les entreprises du domaine aéronautique, les constructeurs automobiles comme PSA, ou les entreprises de livraison à domicile. Plutôt que de réduire son activité, Uber Eats a même développé un partenariat avec Carrefour, faisant ainsi des livreur.se.s sans papiers, plus que jamais, des cibles d’arrestations – plusieurs ont d’ailleurs déjà été enfermé.e.s en centre de rétention administrative (CRA) depuis le début du confinement. Pour les secteurs essentiels, les travailleur.se.s sont très mal protégé.e.s. Les entreprises ont tardé avant d’instaurer le port de masque, surblouse, gants, gel ; la conséquence d’une part, de la course au profit qui passe avant la santé des travailleur.se.s, et d’autre part de l’incohérence des consignes gouvernementales à ce sujet.

La solution trouvée par les dirigeant.e.s : le recours aux personnes exilées de leur pays d’origine, en demande d’asile en France (dont on se souvient soudainement de l’existence !). Une main d’œuvre bon marché, muselée par sa situation administrative et financière, sur laquelle on compte pour faire du travail de maraîchage et alimenter les supermarchés. Les prisonnier.e.s sont également utilisé.e.s comme main d’œuvre pour la fabrication de masques alors qu’eux.elles mêmes en font expressément la demande depuis le début de la crise ; aux États-Unis, iels creusent les tombes des morts du covid. Toujours les mêmes en première ligne, les tâches élémentaires sont exécutées par des personnes précaires/racisé.e.s, qui sont elles aussi réquisitionnées pour continuer à travailler dans leur secteur. Cette politique a d’ores et déjà fait des mort.e.s. Parmi quelques cas, à Saint-Denis, Aïcha, caissière, est morte du covid, un salarié de la RATP, encadrant au dépôt de bus d’Aubervilliers en est décédé aussi, tout comme un salarié de l’usine de filtres moteur Cummins filtration de Quimper, un salarié de l’usine Renault d’Elbeuf (Seine-Maritime) et un personnel de sécurité du CHU d’Amiens. À Londres, ce sont 20 chauffeurs de bus qui sont décédés du coronavirus, faute de mesures de protection suffisantes, et alors même que la fréquentation des bus a drastiquement diminué. Iels sont aussi mort.e.s à cause du système capitaliste, le pouvoir politique faisant passer comme toujours l’argent avant les gentes. Toujours les mêmes, donc, qui sont envoyé.e.s « au front », si on reprend la rhétorique guerrière de Macron.

Si en France, la Seine-Saint-Denis s’avère particulièrement touchée par la hausse de décès dus au coronavirus, les chiffres des États-Unis nous prouvent encore les liens ténus entre racisme et santé, en l’occurrence une sur-représentation des personnes racisées parmi les victimes. Ainsi, dans le Wisconsin, les personnes noires représentent 26% de la population mais 70% des décès ; au niveau national, les 13% de la population que représente la communauté noire comptent pour 33% des hospitalisations.

Aussi, les femmes, grandes oubliées des discours virilistes de Macron, sont comme toujours en première ligne, surreprésentées dans les métiers de la santé, de l’entretien, ainsi qu’à leur domicile (l’injonction à « rester à la maison » prenant tout son sens). Elles sont d’autant plus exposées aux violences conjugales, que le confinement ne fait qu’exacerber.

/ VIRUS PARTOUT : POLICE PARTOUT /

L’arbitraire des keufs est bien connu, sans cesse dénoncé, mais jamais condamné. Chaque jour, de nouveaux témoignages apparaissent pour dénoncer les comportements abusifs, racistes, classistes et sexistes des condés. On le sait, ils se sentaient déjà puissants avant, notamment depuis l’état d’urgence de 2015, mais cette situation exceptionnelle augmente leurs pouvoirs, leur champ d’action et bien sûr leurs lots d’abus et de violences. Les amendes pleuvent bien plus que les masques, surtout dans les quartiers populaires à forte densité (le 1er jour : 10% des amendes ont été données en Seine-Saint-Denis). Le contrôle policier ne s’applique pas partout de la même façon. La pression mise sur certains départements ou quartiers n’est que la continuation renforcée de la surveillance policière habituelle, tandis qu’ailleurs, dans les quartiers principalement blancs et bourgeois, le risque de croiser un policier est beaucoup plus faible (les flics se font rares dans le 16ème !).

En 2 semaines, 6 personnes ont été assassinées par la police, sans compter les blessé.e.s graves. Quelques exemples de cette répression : lors d’un contrôle de son attestation de sortie à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Ramatoulaye B., jeune femme racisée, est brutalisée par la police. De retour des courses, elle est tasée, frappée, insultée et mise en garde à vue pour ne pas avoir présenté son attestation, des violences qui entraînent cinq jours d’ITT. Mohamed, 34 ans, assassiné par la police, à Béziers. A nouveau, c’est le plaquage ventral, technique policière meurtrière, qui est mis en cause, l’un des flics reconnaissant « s’être assis sur lui ». Sans oublier la petite fille de 5ans qui a reçu un tir de LBD dans la tête, à Chanteloup (Yvelines), sortie du coma il y a quelques jours seulement. Dans la nuit du 18 avril, à Villeneuve-la-Garenne, un jeune de 30 ans, circulant à moto, était grièvement blessé à la jambe, après avoir « croisé » un véhicule banalisé de la police. Les témoins présents sur place affirment que l’une des portières du véhicule a été ouverte délibérément, pour le faire chuter (ou pire). Encore un énième rappel du danger que représentent plus que jamais les forces de l’ordre, qui ont « carte blanche » dans les quartiers, avec un sentiment d’impunité et de toute puissance, décuplé. Les violences policières ne sont pas propres à la gestion du covid, mais exacerbées car les flics sont partout en cette période. Le confinement, les rues désertes et donc la réduction des témoins potentiel.le.s, constituent un cadre idéal pour l’exercice de leurs « fonctions ».

Côté taules, l’état nous enfume à coup de grandes déclarations, annonçant la libération de 5000 prisonnier.e.s. Ces chiffres sont évidemment faux, ils incluent des libérations et aménagements qui devaient déjà avoir lieu. Les libérations promises sont largement illusoires, le seul moyen trouvé par le gouvernement et l’administration pénitentiaire pour acheter la paix dans les taules. L’état flippe face aux révoltes et résistances qui ont secoué les prisons, d’abord en Italie, puis en France. Pour suivre l’actualité carcérale et les mutineries, lire ou écouter l’Envolée. Ces libérations ont aussi pour but de dissimuler des ordonnances arbitraires et liberticides, telles que la prolongation de la détention provisoire de 2 à 6 mois, en clair : des personnes qui n’ont pas été jugées sont donc maintenues en détention, au nom de l’état d’urgence sanitaire. Elle est loin la présomption d’innocence qui était brandie à toutes les occasions quand il s’agissait de protéger de riches hommes blancs accusés de viol, il y a encore quelques mois ! La « justice », qui ne porte plus que son nom, est rendue par visioconférence, parfois sans avocat.e.s lors des comparutions immédiates, atteignant un degré d’autoritarisme rarement égalé, faisant craindre une pérennisation dans le droit commun. Les amoureux.ses de la démocratie jugeraient cette « justice » volontiers anticonstitutionnelle.

Dans notre système la punition est synonyme d’exclusion, derrière des murs, près des aéroports pour être déporté.e.s, assigné.e.s à résidence, dans la rue… Ces personnes, laissées à l’abandon, sont encore plus fragilisées pendant le confinement. Pour l’état, elles ne méritent pas une réelle protection, alors même qu’elles font partie des personnes les plus exposées au virus. Dans les taules, où insalubrité et surpopulation sont de mise, dans les foyers où sont (mal)logé.e.s des migrant.e.s, dans les CRA encore ouverts malgré le quasi arrêt des déportations avec la fermeture des frontières… des révoltes ont éclaté dans une vingtaine de lieux d’enfermement. Parfois, des communiqués traversent les murs, remplis de rage, de colère. Dans les CRA, ces prisons pour étranger.e.s, de nombreuses révoltes et grèves de la faim ont également éclaté. Pour le suivi des révoltes dans les CRA : c’est ici.

/ LE GLISSEMENT VERS LA TECHNOPOLICE : LA RÉPONSE SÉCURITAIRE A LA CRISE SANITAIRE /

Des drones, aéronefs, hélicoptères avec caméras infrarouges pour surveiller, identifier, contrôler, amender, voire arrêter les personnes qui ne respectent pas le confinement, voici les armes que l’état français utilise contre celleux qu’il est censé protéger du virus. Depuis le début du confinement, le choix fait par le gouvernement pour enrayer la pandémie est clairement du côté de la répression : il part en chasse. L’état a maintenu les élections municipales alors même que les voyants sanitaires étaient au rouge et aujourd’hui il fait reposer la responsabilité de la propagation du virus sur « l’irresponsabilité » des gentes qui décident de sortir de chez elleux. En comparaison, sans idéalisation de l’Allemagne, certains Landers ont préféré miser sur la confiance et la responsabilité collective : les autorités ont appelé la population à réduire les contacts, mais autorisent les gentes à sortir de chez elleux (sans aucune attestation !) pour effectuer les activités nécessaires ou prendre l’air, les espaces verts restant ouverts. Si les Allemand.e.s sont prié.e.s de rester à leur domicile le plus possible, leurs sorties ne sont pas limitées stricto sensu. D’ailleurs, notre gouvernement, qui n’excelle que dans la répression, a commandé des gaz lacrymogènes pour plus de 3,6 millions d’euros, alors qu’on manque cruellement de masques, de blouses, et de tests. Une notion de l’urgence originale, mais ne soyons pas étonné.e.s, on sait très bien où sont les priorités.

La gestion du covid en France, c’est une affaire de gros sous, surtout sur le marché sécuritaire selon la Quadrature du Net. Un appel d’offre a été publié le 12 avril par le ministère de l’intérieur concernant l’acquisition de 651 nouveaux drones pour un commande s’élevant à 4 millions d’euros. En effet, des sociétés telles que Drone 06 ou Flying Eye tirent déjà profit de la vente de leurs drones équipés de hautparleurs et de caméras, et autres engins hightech de contrôle de la population. Alors qu’il n’existe aucun cadre juridique pour l’utilisation de drones par la police, de plus en plus de villes en déploient pour contrôler le respect des règles de confinement : Rennes, Rouen, Nice, une vingtaine sur Paris, Ajaccio, Toulouse, Metz, Limoges, Nantes, la région du Grand Est, Marseille, Amiens, Montpellier, Lyon… Pour ce genre d’entreprises, le covid est une aubaine puisqu’il leur permet de proposer leur matériel sécuritaire dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, sous couvert de bienveillance : on le fait pour vous, pour lutter contre le virus. De la même façon, l’état peut justifier l’achat de l’attirail de contrôle, masquant les failles des politiques publiques en matière de santé et de prévention. Ces appareils ne sont pas nouveaux, ils servent déjà d’outils de surveillance et de répression, mais la crise permet d’étendre largement leur utilisation. Il est bien possible que tout cela se pérennise, une fois la pandémie terminée, afin de renforcer la surveillance des individu.e.s considéré.e.s comme récalcitrant.e.s, notamment les habitant.e.s des quartiers populaires, les militant.e.s, les zadistes, etc. Au passage, malgré le contexte de crise sociale et sanitaire, la gendarmerie a procédé à l’expulsion de la Zad de la Dune (Vendée) début avril, considérant l’expulsion comme une nécessité. Pour rappel, la Zad de la Dune visait à s’opposer à la construction d’un port qui aurait détruit des zones humides et terres agricoles.

Ce qui est mis en place n’est que le prélude d’une société d’auto-contrôle, facilité par nos téléphones connectés dont Orange et autres compagnies téléphoniques ont accepté de partager avec l’état français, les données privées de leurs utilisateur.ice.s. Après avoir rejeté les solutions de surveillance électronique, le gouvernement vient de céder aux multiples pressions en annonçant le développement d’une application de « backtracking ».

/ QUELLE(S) SORTIE(S) DE CRISE ? /

Alors que la France fait des cadeaux colossaux aux entreprises pour maintenir l’économie à flot et prévoit des mesures dérisoires pour sauver les habitant.e.s, la mairie de Lisbonne a décidé de suspendre les loyers dans les logements sociaux jusqu’en juin et le Portugal régularise temporairement tous.tes les sans-papiers ; l’Argentine prépare un impôt exceptionnel sur les grandes fortunes afin de les faire contribuer à l’effort, espérant récupérer ainsi 2,5 milliards de dollars, destinés au matériel médical et à la nourriture pour les plus vulnérables ; le Mexique a voté une loi d’amnistie afin de désengorger les prisons, surtout pour les délits mineurs ; l’Espagne travaille sur la mise en place d’un revenu universel ; le gouvernement italien annonce un « revenu d’urgence » pour trois millions de personnes précaires, y compris pour les travailleur.se.s non déclaré.e.s et la régularisation de 200 000 travailleur.se.s sans papiers. Pour des pays européens ou extra européens, considérés en retard par leurs voisins du Nord, ces mesures sociales et solidaires, à prendre avec précaution bien sûr, sont pourtant bien plus progressistes que tout ce qu’a tenté la France depuis le début de la crise sanitaire.

En tout cas, ce qui est certain, c’est que partout, la reprise de l’économie est une urgence, pour que les entreprises ne tirent pas le rideau. Surtout ne pas remettre en question notre modèle de production. Si on nous assure que la reprise rapide de l’activité économique, permettra d’amoindrir les effets de la crise économique, c’est faux car c’est toujours les mêmes qui payeront et qui pire seront davantage exploité.e.s sous couvert qu’il faut augmenter les cadences ou garder son poste. A titre d’exemples, l’accord de reprise du travail chez Renault au Mans prévoit la possibilité d’imposer le travail de 6 jours par semaine, et de modifier la durée et le positionnement des congés payés d’été en pouvant les réduire à 12 jours consécutifs. Également, le site de Toyota d’Onnaing (Nord) a ré-ouvert son site cette semaine, malgré le désaccord des délégués syndicaux. L’urgence en ces temps d’épidémie, selon le Conseil économique et social qui a voté cette décision, serait de construire les 35 000 Toyota Yaris commandées par des client.e.s en attente de livraison depuis plusieurs semaines.

Ne soyons pas dupes, il n’y a pas eu d’erreurs ou de mauvais choix dans la gestion de la pandémie. Toutes les décisions prises incarnent une volonté assumée du gouvernement de protéger les puissants, de choisir les vies à sauver et de cibler celleux dont l’existence même est une menace à l’ordre social qu’il voudrait imposer. La pandémie donne une occasion rêvée au pouvoir de légitimer tout un tas de solutions qui paraissaient controversées et très sensibles.

A priori, si on analyse la situation d’une façon simpliste, deux solutions s’offrent à nous à la sortie de crise : continuer comme avant, sous un capitalisme sauvage, qui tue les plus pauvres et empoisonne la planète, avec en prime, on le sait, une crise sociale et économique qui nous guette et touche déjà certain.e.s d’entre nous, ou un changement radical de la société. En réalité les choses sont plus complexes, on le sait, mais il est plus que jamais primordial de faire front ensemble, quartiers populaires, personnes enfermées, Gilets jaunes, Gilets noirs, féministes, écolo, pour en finir définitivement avec ce système ! Ces 2 dernières années ont été riches de rencontres, de bouleversements, d’alliances, de rage ! Continuons ! Continuons à tisser nos convergences et dès la fin du confinement, prenons la rue. Parce que, s’il y a un virus, tout aussi meurtrier, c’est celui de l’autorité et du capitalisme, mais heureusement nous connaissons le remède, la culture de résistance ! L’état devra répondre de ses actes, attendons-le à la sortie.

En attendant la fin du confinement, continuons à hurler notre rage au balcon, à appeler les CRA, à écrire aux prisonnier.e.s, à faire des banderoles, à s’engager dans des brigades populaires, à postillonner sur les flics, à soutenir les révolté.e.s partout et surtout préparons la révolte post-confinement !