Ressources

Radios

Le Genepi parle encore, et encore, de prison, pour toujours renforcer les liens intérieur-extérieur.

Genepi Besançon

Murs-Murs
En mai
Radio Bip
96.9 FM (Besançon)

Genepi Bordeaux

Chronique
Le mercredi
12h-13h
Radio Campus Bordeaux
88.1 FM

Genepi Nantes

Midi au mitard
Le dernier jeudi du mois
12h-13h
RPO
92 FM
L’émission qui écarte les barreaux et donne la voix pour que la prison ne soit pas un lieu passé sous silence !

Genepi Rennes

94 degrés à l’ombre
Le dimanche
12h-14h
Canal B
94 MHz
Les bénévoles du Genepi diffusent chaque dimanche sur Canal B les messages des proches de personnes détenues. Pour les contacter : radiogenepi@gmail.com.

Genepi Toulouse

Bruits de tôles
Les deux premiers jeudis du mois
19h-20h
Canal Sud
92.2 FM
Une émission qui veut agir pour la suppression des prisons et pour la remise en cause du principe de punition et de contrôle.

Genepi Pau

Passe-Muraille
Le jeudi
18h-20h
RPO
97 FM à Pau
Une émission qui fait du lien entre l’intérieur et l’extérieur : les proches des personnes détenues peuvent appeler le standard et laisser un petit mot pour celleux incarcérées à la Maison d’arrêt de Pau. Il est aussi possible de demander et dédicacer une chanson.

Nos autres émissions préférées

L’Envolée / Le vendredi / 19h-20h30 / Fréquence Paris Plurielle / 106.3 FM
L’Envolée est un journal qui publie des lettres de prisonnièr.e.s, des compte rendus de procès, des analyses sur la société et ses lois. L’émission de radio permet de maintenir le lien entre l’extérieur et l’intérieur des prisons.

Ras les murs / Le mercredi / 20h30-22h30 / Radio libertaire / 89.4 FM
L’équipe développe ici une critique radicale du monde carcéral et inscrit ses analyses dans la perspective abolitionniste tant de la prison que de l’Etat qui la sous-tend : « La prison a fait son temps qu’elle crève ! »

Papillon / Le 1er et 3ème jeudi du mois / 20h-21h / Radio Dio (89.5 FM, Saint-Etienne), Radio Canut (102.2 FM, Lyon)
L’émission Papillon a pour but de participer à la critique du monde carcéral et aux luttes contre les prisons, en partageant points de vue et infos sur la taule et les enfermements, en donnant la parole en priorité aux détenu-e-s et à leurs proches, notamment ceux et celles qui luttent…
En alternance avec…
La petite cuillère / Le 2ème, 4ème et 5ème jeudi du mois / 20h-21h / Radio Canut (102.2 FM, Lyon), Radio Dio (89.5 FM, Saint-Etienne)
L’émission contre toutes les prisons !

Presses

Le Molodoï Prison Groove promet une affiche 100% dansante vendredi soir

13/05/2018

Le Molodoï Prison Groove promet une affiche 100% dansante vendredi soir

La nouvelle république

4/04/2018

Poitiers. Des étudiants passent par la case prison.

Dernières nouvelles d’Alsace

17/03/2018

Le Genepi contre la comparution immédiate

Le Parisien

16/03/2018

Bobigny : le tribunal face au casse-tête des comparutions immédiates

Paris-Normandie

14/03/2018

Des militants de Genepi protestent au tribunal de Rouen contre les comparutions immédiates

Vox Criminis

5/03/2018

Rencontre avec le Genepi

Fumigène Magazine

18/02/2018

Prison : mobilisation et appel de l’association Genepi

Communiqués

Février 2018 – L’Etat enferme, la prison assassine (Genepi France)

Le Genepi est une association de décloisonnement carcéral entre ses militant·e·s, les prisonnier·e·s et la société civile. Ce dimanche 18 février, nous avons organisé une journée d’action dans les rues de Paris. En effet, tandis que les murs des prisons sont toujours plus hauts et que les centres pénitentiaires s’éloignent des centres villes et du regard, il est urgent de mettre l’enfermement au centre de l’espace public.

Par nos actions, nous souhaitons réaffirmer que la prison et l’enfermement sont la conséquence de choix politiques qui, contrairement à ce qu’on nous laisse penser, ne sont pas inéluctables. L’enfermement ne doit pas rester un impensé du militantisme alors que la population pénale augmente d’années en années. Le taux d’occupation des prisons françaises atteint 115 % et 1 528 personnes incarcérées dorment sur un matelas à même le sol au 1er janvier 2018 (chiffres de l’Administration pénitentiaire).

L’Etat enferme…

Pourtant, nous réaffirmons que la construction de prisons n’est pas la solution. Alors que le nombre de délits et crimes n’a pas augmenté, l’Etat enferme toujours plus et plus longtemps. La durée des peines a doublé en 30 ans et depuis 1990, le nombre de personnes incarcérées a augmenté de 50 %, passant de 45 000 à près de 69 000. Les politiques sécuritaires restreignent nos libertés et mènent à une incarcération abusive : à titre d’exemple, l’attroupement dans un hall d’immeuble est passible d’une peine d’emprisonnement.

Par ailleurs, la prison n’est pas un espace neutre ; on y retrouve en majorité des personnes précarisées, issues de quartiers populaires, qui subissent des discriminations d’un bout à l’autre de la chaine pénale : racisme, islamophobie et classisme.

…la prison assassine

En prison, les populations les plus fragiles sont délaissées : analphabétisme, non prise en charge des pathologies mentales et insalubrité sont la règle. On compte un décès tous les deux jours en détention et on s’y suicide 7 fois plus qu’à l’extérieur, 50 fois plus en quartier disciplinaire. Par la phrase « la prison assassine », nous entendons aussi qu’elle a pour mission de briser les individus, leur corps et leur esprit. Même quand on ne meurt pas de son incarcération, on en reste marqué·e à vie. Les séquelles psychologiques ne sont pas prises en compte tout comme le nombre de personnes qui se suicident après leur sortie de détention.

La prison n’est pas une évidence mais elle est le miroir grossissant d’une réalité sociale, économique et politique elle-même révoltante. Aujourd’hui, nous étions sur le Pont des Arts, au Jardin du Luxembourg, au Jardin des Plantes et sur la Place de la Bastille. Demain, nous continuerons à aller dans la rue et à interpeller les passant.e.s ; nous continuerons à aller dans les collèges et lycées afin de déconstruire dès le plus jeune âge les fantasmes carcéraux ; nous continuerons à former politiquement plusieurs centaines de bénévoles chaque année ; nous continuerons à parler, à débattre, à s’époumoner parfois ; nous continuerons toutes ces actions, minimes mais essentielles. Nous continuerons à lutter !

Mars 2018 - Comparution = Prison, À qui la faute ? (Genepi France)

Le 6 février 2018, le Genepi a signé avec le Collectif Justice-Prison une lettre aux parlementaires, une invitation cordiale à observer l’ensemble du parcours pénal, dont la prison constitue fatalement le dernier maillon de la chaîne. Nous leur avons ainsi proposé d’assister à des audiences de comparution immédiate.

La comparution immédiate ne constitue rien d’autre qu’un scandale, dans un pays où la Justice est fièrement arborée comme l’un des symboles les plus signifiants d’une supposée République des droits de l’homme. Mais, le président Macron ne l’a pas même mentionnée, lors de son discours à l’ENAP d’Agen, le 6 mars dernier.

Pour le Genepi, une association qui lutte au quotidien pour le décloisonnement des institutions carcérales, la comparution immédiate doit être dénoncée en tant qu’elle produit des personnes détenues à la chaîne, plus vite qu’il ne faut pour le dire. Rappelons donc ce chiffre : la comparution immédiate est 8 fois plus pourvoyeuse de prison qu’une audience classique. Rappelons aussi cette donnée méconnue, pourtant primordiale : la comparution immédiate dure en moyenne 29 minutes.

La personne qui comparaît risque quant à elle 10 années de prison.

On s’étonnera alors de la permanente surpopulation carcérale des prison françaises.
La surpopulation est une conséquence, et elle doit être pensée en corrélation avec l’augmentation du recours à la comparution immédiate : 49 220 comparutions immédiates ont été prononcées en 2016, contre 31 693 en 2001.

D’ailleurs, si le temps du jugement est court pour l’auteur du délit, les victimes sont soumises aux mêmes délais, et il ne leur est pas toujours possible d’assister au procès.

Si 28 à 37% des personnes jugées en comparution immédiate n’ont pas de casier judiciaire,
les études ont montré qu’il s’agit principalement d’hommes jeunes et précaires, rencontrant des problèmes de santé. Les personnes étrangères et sans domicile fixe sont, une fois encore, surreprésentées.

De plus, dans la chaîne judiciaire, chaque corps a une part de responsabilité.

L’État doit mettre en place une politique réelle des alternatives à l’enfermement, au lieu de s’entêter à construire plus de places de prisons. Une telle politique a déjà prouvé son inefficacité, et plus encore son inhumanité. Les procureur.e.s de la République peuvent quant à elleux, choisir d’autres manières de procéder au jugement. Iels ont le pouvoir d’agir, puisqu’“une comparution immédiate permet au procureur de faire juger une personne tout de suite après sa garde à vue” (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32129). Les juges disposent de toute une palettes de peines alternatives et iels devraient en être conscient.e.s.

La société civile, enfin, doit savoir qu’il est grand temps de faire évoluer la vision punitive qui conduit au “tout carcéral”.

Le Genepi veut agir et sensibiliser.

Ainsi, lors de la semaine du 12 au 16 mars 2018, le Genepi entend se déplacer au cœur de quelques audiences de comparution immédiate dans toute la France et entend se lever, silencieusement, pour marquer la lutte et le refus de cette procédure. Notre présence en tant que militant.e.s a pour objectif de sensibiliser le public des tribunaux, et celui devant les tribunaux, aux causes et conséquences d’une justice de classe, d’une justice fast-food, en fait inexistante.

Agenda prévisionnel au 08/03/2018
Poitiers, Marseille, Clermont-Ferrand, Lille, Strasbourg, Nancy, Rouen, Paris, Bobigny, Besançon, Lyon.

Affaire suivante ? Non, elle n’est pas classée !

Mars 2018 - Sur la répression à Bure (Genepi Est)

Une nouvelle tempête policière et judiciaire s’est abattue sur Bure le jeudi 22 février 2018 et continue encore de frapper à ce jour.

Après de multiples arrestations et gardes-à-vue, d’amendes, de réquisitions, de peines de prison avec sursis, nous y voilà : la prison ferme. Deux opposant.es sont actuellement enfermé.es au Centre Pénitentiaire de Nancy-Maxéville après avoir refusé une comparution immédiate. C’est a priori la meilleure chose à faire, bien que ce dispositif est l’un des ingrédients idéal à la recette d’une longue peine de prison pour des motifs dérisoires voire inexistants. Depuis un mois, il et elle sont en prisonsans même avoir été jugé.e, simplement parce que ces personnes sont des opposantes à l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (et ailleurs). Le gouvernement vient de franchir un cap : il s’agit d’empêcher l’espoir de se propager, après l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes, dans les zones de luttes. La fin justifie les moyens.

Rébellion, tag, refus de prise d’ADN, occupation illégale du bois (et même complicité d’occupation, ce qui a valu à un paysan sympathisant la réquisition de son matériel professionnel), dégradations, outrages et même « port d’arme » (une hachette pour aller couper du bois), on décompte près d’une trentaine de procès en tous genres. Le dernier daté au 6 mars affirme l’absurdité de ces condamnations. Cette fois-ci, l’opposant est jugé pour possession de deux opinels, d’un câble électrique et d’une pelle à tarte. Oui, une pelle à tarte, elle fait partie des “éléments à charges”.

Pour en revenir aux incarcérations, prenons le temps de retracer les faits … Le 23 février, une rencontre est organisée entre Sébastien Lecornu, Secrétaire d’Etat à l’environnement (attaché au ministère de la transition écologique de Nicolas Hulot) et les diverses associations opposées au projet. La veille, dans un excès de sécuritarisme, les 15 opposant.es qui occupent le bois Lejuc sont réveillé.es à 6h15 du matin par… 500 gendarmes chargés de les expulser. 500 gendarmes suréquipés pour 15 personnes vivant dans un bois et en train de dormir. Les opposant.es sont souvent taxé.es de violence, mais posons-nous la question : QUI EST RÉELLEMENT VIOLENT.E DANS CETTE SITUATION ?
Et ça ne s’est pas arrêté là. Une fois le bois évacué – ce qui n’était pas le cas, puisqu’on ne déloge pas si facilement des hiboux – les gendarmes ont perquisitionné par la force la Maison de Résistance puis procédé à l’extraction de ses occupant.es. Le Syndicat des Avocats de France a porté plainte pour violation de domicile et a dénoncé les 37 contrôles d’identité, les 7 gardes-à- vue qui en ont résultées, ainsi que l’impossibilité pour les personnes embarquées d’avoir accès à un.e avocat.e.

Le Genepi Est s’accorde avec la déclaration du Syndicat des Avocats de France :
“Cette stratégie délibérée d’agir par surprise pour éviter l’office du juge est contraire au droit au procès équitable. Elle a déjà été utilisée à Sivens, et déclarée illégale dans un arrêt du 18 avril 2014 de la cour d’appel de Toulouse, comme étant contraire à l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme.”

[…]

En France et en 2018, s’opposer à la toute-puissance et à l’inconscience de l’Etat mène directement en prison. Le Genepi Est s’oppose fermement à ces incarcérations. Il pose d’ailleurs une question : où étaient ces deux personnes lors des ateliers que nous avons animés ? Où étaient-elles lors du concert que nous avons organisé lundi 5 mars au Centre Pénitentiaire ? Si nous avons eu la surprise de voir notre cher député LR Jérôme Bazin (qui ne s’est pas présenté au passage) nous n’avons pas vu le moindre militant. Quels sont donc les droits des prisonniers et prisonnières politiques en France ? Ne soyons pas dupe, comme tout.es les autres emprisonné.es de France : ils et elles n’en n’ont aucun.

Tous les groupes locaux du Genepi Est – Strasbourg, Mulhouse, Troyes, Metz, Reims et Nancy – dénoncent les répressions policières, judiciaires et violentes que l’Etat fait subir aux hommes et femmes qui luttent jour après jour pour empêcher une catastrophe nucléaire supplémentaire. Le Genepi Est conteste la division en “bon.nes” et “mauvais.es” militant.es ainsi que la stigmatisation qu’elle implique.

Le Genepi Est exige un débat national réel sur le sujet du nucléaire civil et militaire et un débat citoyen éclairé sur la question de l’enfouissement. Que nous soyons pour ou contre l’énergie nucléaire, nous refusons la répression d’Etat et l’enfermement des militants.

Avril 2018 - Sur Seysses (Genepi Toulouse)

L’Etat enferme, la prison assassine

Samedi 14 avril, Jaouad est retrouvé mort à la maison d’arrêt de Seysses, décès qui sera suivi le 18 avril par le suicide d’un autre prisonnier. Nous exprimons ici tout notre soutien aux familles, ainsi qu’à leurs proches. Aujourd’hui encore, les conditions de la mort de Jaouad restent confuses. L’État, par la voix des surveillants, de l’administration pénitentiaire et du parquet, affirme qu’il s’agit d’un suicide. Les détenu·e·s, elleux, soutiennent que celui-ci est décédé à la suite de violences perpétrées par les surveillants. Le collectif Genepi Toulouse veut réaffirmer sa solidarité dans la lutte des détenu·e·s de la maison d’arrêt de Seysses pour que la vérité et la justice soient rendues sur cette affaire. Suicide ou meurtre maquillé, la seule chose sûre est que la prison a encore une fois tué : en France, en prison, une personne se suicide tous les trois jours ; on s’y suicide sept fois plus que dans le reste de la population. La maison d’arrêt de Seysses, cette prison surpeuplée où le nombre de prisonnier·e·s suicidé·e·s est le plus important de l’agglomération toulousaine, ne fait malheureusement pas exception à la règle nationale.

Les révoltes qui se sont organisées à Seysses se sont traduites par le refus des détenu·e·s de réintégrer leur cellule après la promenade. Vendredi encore ils étaient 240 à manifester pacifiquement, manifestations systématiquement réprimées par l’intervention des E.R.I.S (Equipes Régionales d’Intervention et de Sécurité). Ces révoltes ont été appuyées par des mouvements de soutien dans les quartiers du Reynerie qui ont eu lieu les nuits du 15 au 19 avril. Ces révoltes urbaines ont également été violemment réprimées par l’intervention des CRS. Répression que la justice est venue appuyer à travers des comparutions immédiates qui sont, nous le savons, une forme de justice accélérée (une audience ne dure en moyenne que 29 minutes), intense, sévère et bien trop souvent inhumaine. Durant cette semaine, une quinzaine de personnes ont comparu au tribunal de Grande Instance, la plupart sont des jeunes de moins de 25 ans et primo-délinquants.

Ce vendredi par exemple, deux jeunes hommes de 18 et 19 ans ont été condamnés à 6 mois de prison ferme. Le premier pour avoir lancé un unique pétard sur une voiture de police, le second pour possession de « trois galets dans ses poches ».

Le collectif Genepi Toulouse continue de s’opposer aux comparutions immédiates, une justice d’exception qui se généralise alors qu’elle produit des personnes détenues à la chaîne. En effet, la comparution immédiate est 8 fois plus pourvoyeuse de prison qu’une audience classique.
Le collectif Genepi Toulouse soutient toutes les formes de contestation qui sont nées ces derniers jours, et condamne toutes les répressions qui les ont suivies, et qui se systématisent dernièrement dans le pays. Nous jugeons que les répressions violentes et disproportionnées n’ont été que peu mentionnées et de ce fait trop facilement légitimées.

Le collectif Genepi Toulouse dénonce le traitement médiatique fait des révoltes ayant eu lieu à la Reynerie, quartier d’origine de Jaouad, occultant encore une fois leurs réelles causes. Sous couvert d’un vocabulaire guerrier utilisé dans les médias (« violence », « voitures brûlées », « émeutes », « mutineries »), les revendications derrière ces actes sont dépolitisées et délégitimées alors même qu’elles portent un réel message politique rarement relayé. Détenu·e·s et révolté·e·s de la Reynerie n’ont encore une fois pas pu faire entendre leur voix, seul.e.s les représentant·e·s des forces de l’ordre (surveillant·e·s, ERIS, CRS) ont pu s’exprimer.

Ces événements rappellent encore une fois qu’en France, la seule violence légitime est celle de l’État. Le collectif Genepi Toulouse continuera de dénoncer les véritables violences actuelles, qui ne se situent pas, comme présenté dans les médias, dans des « émeutes urbaines » ou « mutineries » mais bien dans la répression et la stigmatisation orchestrée par l’État, nourrissant un sentiment d’insécurité qui sert à justifier le resserrement de l’étau sur les populations subissant le plus fortement les violences économiques, sociales et raciales produites par notre société.

Avril 2018 - Ni sélection, ni détention ! - Le Genepi soutient le mouvement contre le Plan étudiant (Genepi France)

Le Genepi, association nationale essentiellement étudiante, présente dans des dizaines d’universités en France, apporte tout son soutien au mouvement étudiant contre la sélection. Depuis quelques semaines, étudiant.e.s et personnels universitaires se mobilisent contre les réformes néolibérales du gouvernement dans l’éducation, bloquant et occupant les campus et bâtiments, et manifestant leur opposition frontale dans la rue.

La loi ORE prévoit effectivement d’instaurer une sélection dont les critères arbitraires seront fixés par chaque université, ainsi que de mettre fin au système de compensation des unités d’enseignement. La loi ORE est à replacer dans une série de réformes, dont la réforme du bac, qui créera un parcours lycéen modulaire où, à terme, le diplôme national du baccalauréat n’existera plus en tant que tel. La sélection se fera donc au profil social rattaché au lycée de provenance, créant ainsi un enseignement supérieur à deux vitesses avec des filières et des diplômes poubelles et d’autres prestigieux. La réforme sur l’autonomie des universités annoncée par Frédérique Vidal prévoit de faciliter le changement de statut des universités publiques, comme cela a été le cas à Paris-Dauphine, permettant d’augmenter les frais d’inscription selon l’institution et selon la filière. Ces réformes n’auront qu’un effet : rendre l’université plus élitiste et inaccessible, renforçant les inégalités sociales et économiques déjà présentes.

Le tournant “austéritaire” s’accélère dangereusement avec ces réformes. Alors qu’il cherche à privatiser plusieurs secteurs publics, dont l’enseignement supérieur et le ferroviaire, le gouvernement annonce qu’il va étendre et développer l’enfermement. Que ce soit dans le système carcéral, où Emmanuel Macron prévoit des milliers de places de prison supplémentaires (7000 à la dernière annonce), ou dans le système de rétention administrative des personnes sans-papiers, où la loi asile-immigration allongera la durée maximale de rétention de 45 jours à 135 jours, le gouvernement ne cache pas ses priorités : il s’agit d’enfermer plutôt que de subvenir aux besoins. Il n’y a donc pas de “contraintes budgétaires” dans ce changement de paradigme ; seulement un glissement de volonté politique qui préfère allouer les budgets à la répression et à l’enfermement plutôt qu’au service public et à l’éducation.

Le Genepi condamne fermement l’intrusion de la police et des milices fascistes dans les lycées et sur les campus universitaires, comme cela a été et est le cas à Montpellier, Lille, Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Grenoble, Toulouse, Nanterre, Nancy, ainsi que toute violence commise à l’égard des personnes mobilisées. Plus généralement, le Genepi condamne la répression du mouvement, qu’elle soit physique, administrative ou judiciaire.

Le Genepi défend une université publique, gratuite et accessible par toutes et tous, et appelle l’Etat à allouer les budgets nécessaires à l’enseignement supérieur pour rendre cela possible.

Le Genepi apporte tout son soutien aux mobilisations lycéennes, étudiantes et professionnelles, et appelle à participer activement aux Assemblées Générales de lutte dans les lieux d’études et de travail ainsi qu’aux actions de mobilisation et aux manifestations, afin d’établir le rapport de force nécessaire pour faire entendre les revendications étudiantes.