Single Blog Title

This is a single blog caption
Communiqué du Genepi

En solidarité avec les révolté.e.s et grévistes des CRA

En décembre, puis en janvier, des prisonnier.e.s du Centre de Rétention Administrative de Vincennes, du Mesnil-Amelot et de Oissel, se sont déclaré.e.s en grève collective de la faim et se sont réuni.e.s pour rédiger des communiqués et avancer des revendications.

Plusieurs communiqués, sortant du CRA2 du Mesnil-Amelot, du CRA3 du Mesnil-Amelot, de Vincennes et de Oissel ont été publiés.

Iels luttent contre les violences policières (violences, agressions sexuelles, tortures) et contre les déportations, tout en réclamant la liberté pour tou.te.s les étranger.e.s enfermé.e.s dans ces centres. Mais aussi, iels réclament pour le temps de leur détention un accès à la santé et aux soins, une nourriture correcte et halal, et la fin des vols cachés. Iels réclament enfin le respect et des traitements dignes.

Nous nous devons de nous solidariser avec la lutte de ces prisonnier.e.s et soutenir leurs revendications.

Nous croyons et soutenons les survivant.e.s d’agressions sexuelles et de violences policières dans les CRA quand iels ont le courage de dénoncer publiquement ces actes, s’exposant à la répression, aux intimidations et aux harcèlements de leurs geôliers que sont les policiers. Force à ces résistant.e.s !

Pour rappel, le Genepi a été contacté par plusieurs associations qui travaillent dans les CRA ; ou même par des directions de CRA pour y intervenir et y proposer des ateliers “socio-culturels”. Les militant.e.s du Genepi n’interviennent pas en CRA.

Le Genepi ne souhaite pas se faire le complice objectif du racisme d’État. Ce même État qui vient d’allonger la durée de rétention maximale à 90 jours et cherche maintenant des associations au discours lissé pour “occuper” et calmer les prisonnier.e.s durant tout ce temps.

Le Genepi ne souhaite pas être complice de ce système organisé de tri raciste entre “bon.ne.s” et “mauvais.e.s” migrant.e.s. Nous dénonçons la criminalisation des étranger.e.s et la double peine, qui mène à des situations aussi absurdes que celle d’un.e migrant.e qui, résistant à un vol de déportation ou cherchant à s’évader, peut se retrouver condamné.e et incarcéré.e – subissant donc l’aller-retour prison/CRA. Selon les propres mots des prisonniers du CRA de Oissel : “Nous les enfermés on voit plus nos proches, les allers retours CRA-Prison-CRA empirent encore tout ça. On va pas passer notre vie à être enfermés !”

Les migrant.e.s afghan.es parlent de “deport center” pour parler des CRA. Nous refusons d’organiser des ateliers dans la détention pour des prisonnier.e.s qui seront déporté.e.s de force 90 jours plus tard, mis dans des avions, parfois avec escortes policières, menottes et masques – appelés innocemment “réducteurs phoniques” -, vers des pays où ils risquent la mort ou la torture.

Le Genepi affirme sa solidarité avec la lutte des prisonnier.e.s, et appelle les autres associations du monde prison-justice ainsi que les associations de solidarité avec les migrant.e.s à faire de même. Il est de notre responsabilité associative de ne pas continuer à essayer d’humaniser, par des “ateliers socioculturels”, un des hauts lieux de l’organisation du racisme d’Etat ciblant les étranger.e.s.

Militons plutôt, comme le réclame la Cimade, pour la fermeture pure et simple de ces prisons pour étranger.e.s.