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03/2020. Analyse

Covid et harcèlement policier dans les quartiers

Ces derniers mois, la répression des gilets jaunes, des collectifs féministes (que ce soit lors des collages contre les féminicides ou lors des manifestations féministes) ainsi que des manifestant.e.s grévistes a donné à voir un élargissement de la répression policière à des secteurs de la population moins touchés habituellement.

Les « mesures Covid » viennent rappeler la réalité du harcèlement policier quotidien de certains groupes sociaux, notamment les personnes racisées, et / ou vivant dans certains quartiers.

Il ne faut cesser de rappeler que le rapport à la police est différencié selon la race, la classe, le genre…. Ce sont toujours les mêmes « citoyen.ne.s » qui sont désigné.e.s comme « récalcitrant.e.s », indiscipliné.e.s, c’est à dire les « jeunes noir.e.s et arabes des banlieues ».

Les « beaux quartiers parisiens », eux, sont plutôt épargnés par les mesures. De plus, ces mêmes personnes riches, ont pour la plupart du temps, accès à une maison secondaire, leur permettant de quitter la ville.

Les mesures actuelles accentuent le contraste explicité plus haut et viennent durcir la répression dans des quartiers déjà stigmatisés quotidiennement et ségrégés. On l’a vu, il y a eu des plaquages au sol, du tutoiement agressif et immédiat, des coups gratuits.

Les cibles, toujours les mêmes : des hommes et des femmes racisé.e.s des femmes voilées, des jeunes de banlieues. Un défaut d’attestation suffit à interpeller et peut provoquer une garde à vue. A partir de là, place à l’arbitraire. La gestion du covid c’est une injonction au civisme et à la discipline qui est adressée aux populations les plus exposées à la précarité. Par exemple, à Paris, les zones de Château Rouge, dans le 18ème arrondissement, de Barbès ou les marchés populaires sont des lieux sur lesquels les forces de l’ordre se focalisent. Le premier jour de confinement, 10 % des amendes ont été données en Seine Saint Denis !

Pendant ce temps, les classes moyennes, elles, peuvent dans une certaine mesure faire du télétravail. Dès lors, elles sont moins exposées aux contrôles policiers. Alors que les pauvres, racisé.e.s, sans papiers sont OBLIGE.E.S de sortir travailler et donc, de se mettre en danger puisque leur statut sont très peu, voir pas du tout protecteur. C’est le cas pour Uber eat mais aussi le gens qui travaillent dans le BTP et les personnels d’entretien ou de ménage.