ACTUALITÉS

Deviens militant-e avec le Genepi

Le Genepi est une association qui milite pour le décloisonnement des institutions carcérales par la circulation des savoirs et des témoignages entre les personnes enfermées, les bénévoles et la société civile.

Au programme, formations et réflexion, information et sensibilisation du public, et action en détention.

Contacte vite ton groupe local : https://www.genepi.fr/le…/les-regions-et-les-groupes-locaux/

 

  

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Le Genepi soutient la grève nationale des détenu.e.s étatsunien.ne.s

Depuis le 21 août, et jusqu’au 9 septembre 2018, anniversaire de la révolte de la prison d’Attica, des détenu.e.s de prisons dans 17 états américains se déclarent en grève nationale, en réaction à la répression brutale où sept détenus ont été tués suite à la mutinerie de l’Institut correctionnel Lee en Caroline du Sud. Par un appel à la grève du travail, à la grève de la faim, aux actions de désobéissance et au boycott des entreprises profitant de l’industrie carcérale, les détenu.e.s en lutte comptent alerter le public de leur situation, en revendiquant l’amélioration immédiate des conditions d’incarcération, la fin de l’esclavagisme carcéral, la fin des peines sans possibilité de liberté conditionnelle, la fin de l’incarcération abusive des personnes racisées, et le droit de vote pour tou.te.s les détenu.e.s.

Les Etats-Unis, première puissance carcérale où environ un adulte sur cent est actuellement incarcéré, où un afro-américain sur trois passera un moment de sa vie derrière les barreaux, et où sept millions de personnes sont placées sous « surveillance correctionnelle » (en prison, en liberté conditionnelle, où en « probation »), vit depuis le 21 août sa plus grande mobilisation anticarcérale contemporaine. Depuis les années 1980 et le boom carcéral sous Reagan, les gouvernements des partis Républicains et Démocrates n’ont cessé d’accentuer l’incarcération de masse, en multipliant les formes d’incarcération et en étendant la répression judiciaire-carcérale au-delà des murs de la prison par des dispositifs de « probation » à long terme qui ciblent de façon permanente les populations précaires et racisées des Etats-Unis. Ce système répressif est alimenté par le complexe carcéral-industriel, mêlant des entreprises gestionnaires de prisons dans un marché d’incarcération privé s’élevant à plus de $70milliards aux entreprises multinationales « employant » une main-d’œuvre carcérale avec peu (ou pas) de rémunération, faisant de la prison étatsunienne le terrain le plus fertile de l’exploitation capitaliste.

Le Genepi rappelle que, par rapport à la situation étatsunienne, la prison en France est loin d’être exemplaire : bien au contraire, la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour les conditions d’incarcération dégradantes de ses prisons, qui sont vivement critiquées par les détenu.e.s, comme ça a été le cas cette année aux Centres pénitentiaires de Fleury-Mérogis, Fresnes, Villepinte, Seysses et Saint-Maur pour ne citer que quelques exemples. Tout comme au Etats-Unis, le droit du travail n’existe pas en prison, et de nombreuses entreprises profitent du système carcéral pour engager une main-d’œuvre quasi-gratuite, sans possibilité de se syndiquer, et sans recours ni au Code du travail, ni au tribunal des Prud’hommes. Tout comme aux Etats-Unis, le système carcéral français vise avant tout les populations non-blanches et issues de l’immigration post-coloniale, car effectivement, 60% de la population carcérale est musulmane contre 7% dans la population générale. Enfin, de par la loi asile-immigration, adoptée définitivement le 26 juillet 2018, l’extension de la rétention administrative des personnes sans-papiers ressemble à s’y méprendre au système raciste des prisons ICE de Donald Trump, où des centaines de milliers de personnes sans-papiers sont détenues pendant des mois sans condamnation de la part d’un juge, et où même les nourrissons peuvent être incarcéré.e.s.

Le Genepi apporte son soutien international aux détenu.e.s en lutte, et salue leur combat contre le système raciste de l’incarcération de masse et de l’exploitation au travail. Nous rejoignons l’appel pour un boycott des entreprises qui exploitent la main-d’œuvre carcérale. Vue les convergences transatlantiques en termes de politiques carcérales, nous sommes convaincu.e.s qu’une victoire pour les détenu.e.s étatsunien.ne.s sera une victoire pour les détenu.e.s en France et dans le monde entier.

Plus d’infos sur le site des Incarcerated Workers’ Organizing Committee : https://incarceratedworkers.org/campaigns/prison-strike-2018

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Adama, deux ans de lutte

Samedi 21 juillet 2018, rendez-vous à Beaumont-sur-Oise. 

Le Genepi, association militant pour le décloisonnement des institutions carcérales, soutient le comité La vérité pour Adama et appelle à marcher ce 21 juillet – en lutte contre les violences policières impunies et l’acharnement judiciaire et carcéral.

Depuis le 19 juillet 2016, jour de la mort d’Adama Traoré, jour aussi de son 24ème anniversaire, rien ne semble avoir changé. L’institution policière dévoile un blason encore doré, et continue pourtant de tuer. En témoigne la mort récente d’Aboubakar Fofana, le 3 juillet à Nantes, à cause d’un tir de policier.

Il faut rendre hommage à Adama, et saluer le travail perpétué depuis deux ans par le comité, pour la justice et l’alliance des luttes antiracistes contre le système judiciaire. Au Genepi, nous dénonçons également les discriminations raciales qui se produisent du début à la fin de la chaîne pénale – le contrôle au faciès, la comparution immédiate, la prison enfin, sont des outils de répression majeurs des personnes racisées.

Les frères d’Adama Traoré, Bagui, Ysoufou, Yacouba, Chekne, Samba, ont subi et subissent l’acharnement des institutions à leur encontre. L’État les enferme dans les prisons de l’Île-de-France ; le 18 juin 2018, nous étions informé.e.s du sort réservé à Bagui Traoré, abandonné dans sa cellule pendant une nuit entière alors qu’il souffrait au niveau du coeur et avait des difficultés à respirer.

En décembre 2017, Assa Traoré se déplaçait à la 36ème Journée Prison-Justice du Genepi à Nanterre, pour prendre la parole lors de la plénière de clôture. Son témoignage a marqué les esprits. À nous désormais de nous rendre à Beaumont-sur-Oise samedi 21 juillet, pour marcher à partir de 14 heures, en signe de ralliement.

Exigeons encore vérité et justice pour Adama et pour les victimes de violences policières.

Refusons la prison qui punit les victimes comme celleux qui militent.

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Les Baumettes, une situation désastreuse

Nous partageons ce communiqué de presse daté du 19 juin 2018, proposé par l’ONG Confluences, pour la promotion et la défense des droits humains. Le Genepi Marseille est intervenu cette année aux Baumettes, et confirme la violence que constitue cet endroit. 

 

Centre Pénitentiaire de Marseille
Des transferts « à l’arrache » et Baumettes 2 au bord de l’explosion !

 

C’était prévisible. La date butoir du 18 juin 2018 pour vider les Baumettes historiques, annoncée par Guillaume Piney, le directeur du Centre Pénitentiaire de Marseille, n’a pas été tenue. Il reste actuellement près de 200 personnes condamnées dans le dernier bâtiment des Baumettes historiques… faute de preneurs et d’anticipation ! Car il ne suffit pas de « mettre la pression » pour que, miraculeusement, des places se libèrent dans les prisons déjà surbookées de la région PACA, y compris dans les nouvelles de Draguignan et de Luynes, qui affichent déjà complet à peine ouvertes.
Le compte à rebours pour vider les Baumettes historiques avait effectivement commencé, mais seulement début avril, avec le déménagement des occupants du bâtiment A…vers le bâtiment B ! Puis, vers mi-avril, un vent de panique s’est abattu sur les détenus. Les premiers transferts groupés -des convois de 30 prisonniers environ – commençaient. Direction : Draguignan, Tarascon, Salon-de-Provence, puis Luynes, puis Draguignan, puis…Les Baumettes 2 -dédiées jusque là aux personnes prévenues- où, en désespoir de cause, un étage des bâtiments QH1 et QH2 ont été vidés pour y placer des personnes condamnées!
Les deux Quartiers Hommes des Baumettes 2 qui ne désemplissent pas depuis leur ouverture en mai 2017, vont donc devoir aussi supporter des occupants supplémentaires. On imagine déjà les tensions et le matelas au sol qui se profile à l’horizon. Déjà, la grogne des surveillants-chefs de Baumettes 2 se fait entendre ! Au 1er mai 2018, le Centre Pénitentiaire de Marseille affichait un taux d’occupation de 145,4% -environs 1200 personnes détenues pour une capacité de 782 places déclarées.
Les détenus sont informés de leur déplacement quelques jours avant, au moment où un surveillant leur apporte des cartons dans leurs cellule avec injonction de préparer le paquetage pour le jour « j ». On ne leur laisse évidemment pas le choix de la destination et tant pis si leurs familles doivent traverser la région pour les visites ! Voire pire : des personnes qui devaient passer devant la Commission d’Aménagement des Peines de juin pour une possible libération conditionnelle ont tout de même été transférées, moins d’une semaine avant.
Idem pour des jeunes en fin de peine, à qui il ne restait que 2 mois ou même 20 jours de prison à effectuer ! Ils sont pourtant éligible au Quartier de Préparation à la Sortie dont l’ouverture est imminente dans l’ancien Quartier des Femmes. Bref, une vraie loterie de numéros d’écrous orchestrée par deux directrices adjointes, sans aucune coordination avec les conseillers SPIP, pourtant à même d’indiquer la situation pénale de chaque personne détenues. Seul souci : «faire vite pour tenir les délais ! ».
Quant aux familles des personnes détenues, elles sont tout simplement mises devant le fait accompli, lorsqu’elle viennent aux Baumettes pour un parloir. Elles découvrent en effet avec stupéfaction que leur parent a été transféré. Personne ne se donne la peine de leur indiquer où ! Les hôtesses de l’Accueil Famille, dont c’est pourtant le travail, n’ont reçu aucune consigne dans ce sens et l’une d’elle explique même benoîtement : « c’est au détenu d’informer sa famille par téléphone ».
Bref, comme lors de l’ouverture précipitée des Baumettes 2 en mai 2017, l’administration pénitentiaire du Centre Pénitentiaire de Marseille brille par le manque de coordination de ses services et par le mépris dont elle fait preuve envers les « personnes placées sous main de justice » et leurs familles.
Résultat de ce manque de planification : la date de la fermeture des Baumettes historiques a été repoussée au 28 juin prochain. Et vu le flot de personnes détenues qui continuera de se déverser aux Baumettes 2, il faut s’attendre à une situation estivale explosive !

 

confluences.marseille@gmail.com / +33 6 88 02 13 53

Lisez aussi le rapport de l’ONG sur l’état de cette prison, en proie à de multiples problèmes, qui affectent d’abord la santé et l’état moral des personnes détenues.

Photo : Cellule de confinement de la maison d’arrêt des hommes – ©Grégoire Korganow, série réalisée pour le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (2012)
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Que cesse l’enfermement – des mineur.e.s

Le Genepi partage le communiqué commun CFDT / CGT-PJJ Justice / DEI / FSU / Interco Justice / LDH / OIP / Saf / SM / Snpees-FSU.

EN FRANCE, EN PRISON ET EN CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE, au 1er juin 2018, 893 mineur.e.s sont incarcéré.e.s, dont près de 70% en détention provisoire.

« Durant les deux dernières décennies, la France n’a jamais enfermé autant d’enfants qu’actuellement.

Depuis plus d’un an maintenant, nos différentes organisations ne cessent d’alerter sur l’augmentation particulièrement inquiétante et constante du nombre d’adolescent.e.s incarcéré.e.s. Suite à nos interpellations, la Garde des Sceaux a fini par saisir la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) sur ce sujet. Le 27 mars dernier, cette dernière a rendu un avis, préconisant un ensemble de mesures pour lutter concrètement contre ce fléau. Pour autant, loin de diminuer, ce nombre vient de dépasser au 1er juin un pic jamais atteint ces dernières années avec 893 mineur.e.s incarcéré.e.s dont plus de 77% dans le cadre de la détention provisoire, c’est-à-dire avant d’être condamné.e.s.

Parmi ces jeunes, les mineur.e.s isolé.e.s étranger.ère.s continuent de faire l’objet d’un traitement judiciaire discriminatoire et représentent actuellement plus de 15% de l’ensemble des enfants incarcéré.e.s. A cela, il faut ajouter « le chiffre gris » des jeunes majeur.e.s incarcéré.e.s suite à des condamnations pour des faits commis du temps de leur minorité, les adolescent.e.s placé.e.s dans les 52 centres fermés existants, ainsi que les enfants placé.e.s en centre de rétention administrative, en constante augmentation depuis 2013.

Le part des contrôles judiciaires dans les mesures confiées à la Protection judiciaire de la jeunesse a doublé de 2005 à 2015, et entre 2014 et 2016, ils ont accru de 53%, participant à l’accélération de la spirale coercitive. La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté et la CNCDH ont encore récemment mis en lumière cette situation inquiétante.

Malgré ces nombreuses dénonciations et l’échec criant des politiques d’enfermement qui n’enrayent pas la récidive, le gouvernement s’obstine à attribuer des moyens exponentiels aux structures fermées au détriment des services de milieu ouvert, d’insertion et d’hébergement. Il envisage notamment l’augmentation de places en prison et la création de 20 nouveaux centres fermés pour mineur.e.s. Or, cela est désormais établi : plus on construit, plus on remplit !

L’urgence est ailleurs : il est plus que nécessaire de revenir à la primauté de l’éducatif sur le répressif, la spécialisation des acteurs et des actrices et à une temporalité spécifique telles que définies dans l’ordonnance du 2 février 1945.

Il y a un véritable enjeu de société à redéfinir une justice protectrice et émancipatrice pour tou.te.s les jeunes, et en particulier pour celles et ceux les plus en difficulté, plutôt que de maintenir une politique s’attachant davantage à l’acte qu’à la personnalité et à la stigmatisation plutôt qu’à l’accompagnement éducatif de ces adolescent.e.s, renforçant par ailleurs l’inégalité de traitement entre classes sociales. Ce projet nécessite des moyens et du temps, non des barreaux et de la vidéo-surveillance. »

http://lesaf.org/nouveau-record-du-nombre-de-mineurs-incar…/

 

Photo :  ©OIP-Lemoine
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