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Le Zine de mai-juin !

Téléchargez la version numérique gratuite du Zine Passe-Murailles de mai-juin 2019. Retour sur une année d’enfermement et de répression.

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« LE PASSE-MURAILLES : CE QUI VA CHANGER

Face aux difficultés financières inhérentes au monde associatif, la structure de l’association Genepi se transforme, ce qui va nécessairement affecter la publication du Passe-Murailles. Le nouveau numéro #76, Condamner plus pour enfermer plus, est fidèle à la ligne éditoriale des précédents numéros.

Cependant, en juin 2019, étant donné l’absence prolongée de notre chargée de publication Claire pour des raisons personnelles, le Passe-Murailles sera remplacé par un fanzine concocté par les bénévoles de l’association. Nous songeons à y analyser les diverses actualités qui ont émaillé l’année en matière de répression et de prison.

Puis, en septembre 2019, paraîtra nouveau numéro du Passe-Murailles, selon la formule habituelle. Mais celui-ci, tout du moins jusqu’à nouvel ordre, sera bel et bien le dernier numéro du Passe-Murailles tel que vous le connaissez. En effet, la chargée de publication s’en ira à ce moment-là pour de nouveaux horizons, et ne sera pas remplacée, car les finances du Genepi ne le permettent pas.

En attendant, soutenez-nous en vous procurant les anciens numéros qui vous intéressent sur notre boutique ainsi que le nouveau numéro #76 ! D’avance, merci. »

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Femmes transgenres enfermées à Fleury-Mérogis : une situation inacceptable ! – Pour la fin de la transphobie pénitentiaire

17 Mai 2019 – Journée internationale de lutte contre les LGBTIphobies

Entre le 29 avril et le 11 mai 2019, 610 courriers ont été adressés à 55 député·e·s et sénateur·ice·s, les interpellant au sujet des conditions de détention des femmes transgenres enfermées à l’isolement au dernier étage du bâtiment D3 de la maison d’arrêt des hommes (MAH) de Fleury-Mérogis. Dans ces lettres, se trouve une liste de cinq revendications formulées par ces détenues en décembre dernier. Celles-ci ont été communiquées à la direction de la prison dans une lettre signée par quatre associations des champs prison-Justice et des luttes LGBTI, envoyée le 22 janvier 2019, journée internationale de solidarité avec les prisonnières et prisonniers transgenres. Ces revendications, recueillies durant un atelier avec elles, sont les suivantes :

– un accès hebdomadaire au sport, encadré par un moniteur ou une monitrice professionnelle, au même titre que les autres détenus ;

– un accès à une cour de promenade extérieure et non plus à une salle de taille réduite au plafond grillagé ;

– l’accès au travail en atelier, possiblement en mixité, au même titre que les autres détenus ;

– l’accès aux mêmes cours, formations et activités que les détenus hommes, possiblement en mixité ;

– un accès suffisant au téléphone et sans interruptions mettant fin à leurs communications.

En France, l’incarcération dans un quartier homme ou femme se fait en théorie en fonction de la mention de genre à l’état civil. En pratique, les personnes sont souvent incarcérées sur la base des représentations sexistes et transphobes de l’administration pénitentiaire sur le genre. En ce qui concerne les femmes trans, cela se traduit par le fait qu’elles aient ou non fait une vaginoplastie. Dans les deux cas, cela signifie qu’en France, des femmes sont enfermées en prison d’hommes. Afin de régler tous les problèmes qu’elles soulèvent par le biais de cette liste de revendications, les prisonnières de la maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis demandent à ce que les femmes transgenres soient enfermées dans un quartier correspondant à leur genre.

Au motif de leur sécurité – sans que leur avis sur la question ne soit interrogé – on les enferme à l’isolement : elles ne peuvent croiser aucun autre détenu. Elles n’ont donc pas accès à la cour de promenade, mais uniquement à une salle d’une quinzaine de mètres carrés, dont le plafond est remplacé par d’épais grillages. Elles n’ont pas accès au travail, au sport, aux cours, aux formations, aux activités au même titre que les autres prisonniers. Leur accès au téléphone, installé dans le couloir, est lui aussi affecté. Ce traitement discriminant se conjugue avec le fait que les femmes transgenres en prison en France sont souvent des étrangères latino-américaines, qui n’ont pas de proches pouvant les soutenir en France. Il rime aussi avec une difficulté d’accès accrue à un suivi médical adapté à des problématiques de santé spécifiques, notamment en matière de VIH et d’hépatites.

La transphobie et le racisme généralisés, organisés notamment par les institutions, placent les femmes transgenres dans une situation particulièrement vulnérable. Il se situe dans la pénalisation du travail du sexe, via notamment la loi de pénalisation des clients, et dans l’illégalisation des étranger·e·s menant à leur déportation. Suite à la récente agression transphobe de Julia, quelques élu·e·s LREM ont publiquement exprimé leur soutien et se sont montré choqué·e·s. Pacôme Rupin a ainsi déclaré que “le droit est du côté des citoyens qui veulent vivre librement leur identité”. Il semble cynique de poser une telle affirmation quand le droit est l’outil qui permet le harcèlement des femmes transgenres par la police et la Justice. L’outil qui permet de les précariser, de les isoler, de les enfermer, de mettre leurs vies en danger, de manière ciblée.

Dans certaines prisons comme à Caen, où les femmes transgenres ne sont pas à l’isolement, l’administration pénitentiaire travaille à se racheter une image. Le respect de leurs prénoms et l’accès à une cantine de produits féminins n’est pas suffisant et devrait aller de soi. Enfermées parmi les hommes au régime classique, elles demeurent dans un lieu ne correspondant pas à leur genre, dans une situation présentant des risques importants et créant une situation d’isolement de fait. Quant à la MAH de Fleury-Mérogis, la réponse à notre courrier adressé à la direction affirmait que ce “sujet dépass[ait] le cadre de Fleury-Mérogis”. Il a été transmis à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris et à la direction de l’administration pénitentiaire, dont nous n’avons aucun retour à ce jour. La mise en place de mesures superficielles qui s’annonce au niveau national ne doit pas nous leurrer.

Nous nous devons donc de soutenir les luttes des personnes trans, des travailleuses et travailleurs du sexe, des étranger·e·s ainsi que de refuser leur enfermement, synonyme de mort sociale voire de mort réelle. Et nous nous devons également de soutenir les revendications qui émanent des prisonnières trans de Fleury-Mérogis elles-mêmes concernant l’amélioration de leurs conditions de détention et leur placement dans un quartier correspondant à leur genre. Elles ne doivent pas subir la “torture blanche” de l’isolement, selon le qualificatif employé par la CNCDH, et la discrimination arbitraire qui leur est imposée par l’administration pénitentiaire. Le placement en détention classique chez les hommes n’est  pas non plus suffisant.

En novembre dernier, dans le cadre de la loi de programmation Justice, les dix-sept député·e·s de la France Insoumise déposaient deux amendements au code de procédure pénale allant dans ce sens. Les deux amendements ont été rejetés. S’il ne s’agit pas là d’une surprise, la transphobie infusant l’ensemble de nos institutions, il aurait été appréciable que les député·e·s de la FI ne soient pas que deux à les voter. A quand un courage politique suffisant pour faire évoluer la législation et permettre que l’incarcération des femmes trans ne rime plus avec isolement et torture ?

Nous dénonçons la discrimination particulièrement alarmante que subissent les femmes transgenres incarcérées en France et appuyons les revendications des prisonnières transgenres de la maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis. Nous exigeons que l’administration pénitentiaire et les politiques les entendent et se mobilisent pour y accéder réellement, sans les dévoyer.

 

     

 

 

Signataires

Genepi

Acceptess-T

Act Up Paris

OUTrans

Ouest Trans

Association nationale transgenre

Syndicat PRP – pour le respect et la protection des prisonnier·e·s

David et Jonathan

Inter-LGBT

Genepi Belgique

TRANS INTER action

FièrEs

ODOTI – Local de documentation trans et intersexe

Centre LGBT de Touraine

Bi’Cause

Support transgenre Strasbourg

TransMission

Centre LGBT de Normandie

ACAP – Anti capitaliste anti patriarcat

Potere al Popolo Paris

FRACASSE

NOSIG – Centre LGBTQI+ de Nantes

En-Trans

Quazar – Centre LGBT d’Angers

Spoutnik Nancy

La nouvelle lune

J’en suis j’y reste – Centre LGBT de Lille Nord Pas-de-Calais

Lesbian and Gay Pride Lyon

Quidam·e·s

HomovertEs

Bonny Read

Ex Aequo

LBTG – Laisse Bien Ta Gaité

BCBG – Science Po Lille

La Station LGBTI – Centre LGBTI de Strasbourg

Collectif féministe contre le cyberharcèlement

 

Contacts 

Acceptess-T : contact@acceptess-t.com / 06.73.37.95.67

Genepi : president@genepi.fr / dr.idf@genepi.fr / 07.79.86.16.49

 

Télécharger le communiqué en Pdf : CP_17_mai_final.

 

Photo : Ph. Lopez/AFP

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Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui

Le 30 mars, le Genepi organisait comme chaque année ses Assises. Cette formation, ouverte pour la première fois au public, a pour but de pousser la réflexion des participants sur un aspect précis du système police-justice-prison. Cette année trois thèmes ont été présentés : Féminisme et anti-carcéralisme, Education Populaire et Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui.

Dans le cadre du thème Luttes et enfermement : hier et aujourd’hui, les militant.e.s du Genepi ont établi une bibliographie, liste de ressources, écrites, audio ou vidéo sur le sujet.

Cette bibliographie est divisée en trois parties qui correspondent aux trois ateliers qui ont eu lieu ce jour-là. Elle n’est évidemment pas exhaustive et n’a aucune prétention de rigueur. Mais nous tenions à partager ce travail collectif de rassemblement de ressources.

 

I – Evolution de l’enfermement : Organisation d’une domination

“C’est encore une ruse de l’institution pénitentiaire de nous faire croire que nous sommes libres quand nous ne sommes pas en prison.” Thierry Levy, Nos têtes sont plus dures que les murs des prisons.

La prison en tant qu’institution pénale, mais aussi en tant que bâtiment, est construite sur l’idée chrétienne que les peines de prisons sont le prix du rachat de l’âme des “malfrats”.

Les “méchants” viennent y expier leurs péchés, dans la repentance, afin de devenir de meilleurs membres de la société. Pas de projet carcéral sans cette “utopie” qui sert à justifier les privations de libertés et les violences qui les accompagnent.

Alors toutes les prisons qui ont été construites l’ont toujours été pour le progrès, et on a imaginé des prisons “plus humaines”, les politiciens nous ont promis un enfermement “modernisé et humanisé”. Et pendant ce temps, l’enfermement, sous toutes ses formes, s’est répandu et généralisé. Les privations de liberté étatiques ont pris des formes diverses, s’adaptant aux contextes politiques de chaque époque.

 

Les prisons ”modèles”

 

Les centres de rétention administrative

 

Les lieux d’enfermement pour mineurEs

 

Le milieu ouvert et l’assignation à résidence

 

 

II – Evolution de l’enfermement : Organisation d’une domination

Quand il y a enfermement, il y a résistances. Elles prennent des formes variées, plus ou moins spectaculaires, plus ou moins visibles. L’organisation collective des prisonniers fait partie à part entière de l’histoire de la prison. On pense l’enfermement comme une succession de politique publiques, affaires d’architectes bourgeois qui imaginent la prison idéale, ministres de la justice, grèves de surveillants pénitentiaires… Mais l’évolution de la prison vient principalement des luttes politiques des premiers concernés.

Ces résistances correspondent parfois à des moments historiques et politiques et concernent plusieurs prisons en même temps, parfois plusieurs pays.

Elles prennent des formes variées, collectives ou individuelles : utilisation du corps (grèves de la faim, blocages, refus de retourner en cellule, automutilation, …), syndicalisme, solidarités…

 

Vidéo 

 

Films 

 

Audio 

 

Lecture 

  • Je hais les matins, Jean-Marc Rouillan, Editions Denoël

 

III – A l’extérieur des murs : entre réforme et abolition

La prison et l’enfermement en général regroupe de nombreux acteurs, aux positions politiques multiples, défendant chacun leurs intérêts. Entre amélioration des conditions de détention, abolition de la prison mais conservation d’un système de justice (abolition “juridique” de la prison), et destruction de tous les lieux d’enfermement avec une perspective révolutionnaire, le champ politique autour de la privation de liberté est large et multiple. Ce qui se passe à l’intérieur des murs est le résultat de ce qui se trame à l’extérieur.

Le statu quo dont les prisonniers payent les frais tous les jours est aussi le résultat d’une collaboration active de certains de ces acteurs qui créent et maintiennent des politiques publiques toujours plus mortifères, même sous couvert du “bien faire” de la défense des réformes. Car “la réforme du droit criminel doit être lue comme une stratégie pour le réaménagement du pouvoir de punir, selon des modalités qui le rendent plus régulier, plus efficace, plus constant et mieux détaillé dans ses effets” (Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, p.77). “Il faut rappeler aussi que le mouvement pour réformer les prisons, pour en contrôler le fonctionnement n’est pas un phénomène tardif. Il ne semble même pas être né d’un constat d’échec dûment établi. La « réforme » de la prison est à peu près contemporaine de la prison elle-même. Elle en est comme le programme. La prison s’est trouvée dès le début engagée dans une série de mécanismes d’accompagnement, qui doivent en apparence la corriger mais qui semblent faire partie de son fonctionnement même, tant ils ont été liés à son existence tout au long de son histoire. Il y a eu, tout de suite, une technologie bavarde de la prison.” (Michel Foucault, Surveiller et punir, p.236, Gallimard)

Face à cela, les résistances intérieures aux lieux d’enfermement sont relayées par des forces extérieures qui s’organisent pour lutter elles aussi. Quelles ont été par le passé ces luttes à l’extérieur des lieux privatifs de libertés ? Quelles sont-elles aujourd’hui ? Comment s’assurer que la lutte des personnes privées de liberté ne soit pas passée sous silence, et ébranle le reste de la société ?

Le but de ces documents est de présenter les différents acteurs du monde police-justice-prison, hors des murs.

 

Lecture 

 

Audio 

 

Vidéos 

 

Sites 

 

Nous citons des livres dans cette bibliographie, s’ils vous intéressent et que vous pouvez les acheter, privilégiez les librairies indépendantes de vos villes ainsi que les sites des maisons d’édition !

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Nouveau numéro du Passe-Murailles !

#76 Condamner plus pour enfermer plus
[Mars/avril 2019]

« Le droit est le lieu de la mise en place d’un programme politique et doit être considéré comme tel. » Face à l’épaississement du code pénal, face à la figure du monstre qu’il faudrait enfermer à tout prix, face à la criminalisation des militant.e.s et des usager.es de drogues, face à l’extension du filet pénal, le Genepi revient dans ce nouveau numéro sur l’inflation pénale, « car elle est la cause de toujours plus d’enfermement ».

Vous pouvez vous le procurer en version papier ou pdf.

 

LE PASSE-MURAILLES : CE QUI VA CHANGER

Face aux difficultés financières inhérentes au monde associatif, la structure de l’association Genepi se transforme, ce qui va nécessairement affecter la publication du Passe-Murailles. Le nouveau numéro #76, Condamner plus pour enfermer plus, est fidèle à la ligne éditoriale des précédents numéros.

Cependant, en juin 2019, étant donné l’absence prolongée de notre chargée de publication Claire pour des raisons personnelles, le Passe-Murailles sera remplacé par un fanzine concocté par les bénévoles de l’association. Nous songeons à y analyser les diverses actualités qui ont émaillé l’année en matière de répression et de prison.

Puis, en septembre 2019, paraîtra nouveau numéro du Passe-Murailles, selon la formule habituelle. Mais celui-ci, tout du moins jusqu’à nouvel ordre, sera bel et bien le dernier numéro du Passe-Murailles tel que vous le connaissez. En effet, la chargée de publication s’en ira à ce moment-là pour de nouveaux horizons, et ne sera pas remplacée, car les finances du Genepi ne le permettent pas.

En attendant, soutenez-nous en vous procurant les anciens numéros qui vous intéressent sur notre boutique ainsi que le nouveau numéro #76 ! D’avance, merci.

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Prisons bloquées et mesures sécuritaires : une grève au détriment des prisonnier-e-s

Après quinze jours de blocage, la reprise progressive du travail a été annoncée le 20 mars 2019 à Condé-sur-Sarthe. L’agression de deux surveillant-e-s pénitentiaires le 5 mars dernier a redonné de l’élan à un mouvement de grève lancé au début de l’hiver, et qui se serait voulu à l’image de celui du début d’année 2018.

De fait, le scénario est le même. L’agression d’un surveillant a été immédiatement qualifiée d’acte terroriste, sans attendre les résultats de l’enquête, sans prise en compte des conditions de détention déplorables et de la surveillance accrue d’un lieu s’apparentant à un Quartier de Haute Sécurité. Une nouvelle fois, le blocage de prison a privé les détenu-e-s de repas suffisants, de médicaments, de douches, de toute sortie de cellule, de travail, de nouvelles à leurs proches, de visites de leur avocat, etc. pendant deux semaines. Comme en 2018, des prisonnier-e-s ont déposé un recours au tribunal administratif pour “traitement inhumain et dégradant”, recours qui a été rejeté. Et ce, jusque dans l’issue : c’est le volet sécuritaire des revendications des surveillant-e-s qui a été accordé et non ce qui concerne le statut ou les salaires. Ces revendications font partie de celles qui se construisent contre les détenu-e-s, qui alimentent les tensions entre détenu-e-s et surveillant-e-s pénitentiaires et qui laissent présager d’autres tensions, d’autres grèves et blocages, toujours au préjudice des prisonnier-e-s. Cette “inflation sécuritaire” se poursuit dans les réformes pénitentiaires [Expression de Laurent Bonelli], en bonne intelligence avec les syndicats de surveillant-e-s. Elle s’accompagne d’un discours sécuritaire au nom de “l’anti-terrorisme”, répondant à un marché de la sécurité fructueux, désormais l’idéologie centrale qui préside aux réformes en France [Voir Mathieu Rigouste, État d’urgence et business de la sécurité, Niet, 2016].

Il aura suffi de deux semaines de mobilisation – pendant lesquels les surveillant-e-s, les syndicats, l’administration pénitentiaire, la Justice et le ministère ont sciemment mis en danger la vie des prisonnier-e-s par leurs actions ou leurs discours – pour que les surveillant-e-s de Condé obtiennent tout un arsenal de mesures sécuritaires qui démantèlent encore un peu plus l’État de droit : fouille des familles par palpation, portique à ondes millimétriques, gilets pare-lame, limitation des moments où les détenu-e-s sont ensemble, limitation des contacts entre détenu-e-s et surveillant-e-s… [France 3 régions]

D’autre part, se pose la question de la méthode avec laquelle les surveillant-e-s et leurs syndicats ont choisi d’interpeller leur hiérarchie. La méthode du blocage de l’établissement de Condé-sur-Sarthe choisie par les syndicats pénitentiaires en grève, a eu pour les personnes détenues à l’intérieur des conséquences dramatiques.

Ce type de méthode est comparable à celle employée par le Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France, qui invitait ses adhérents à ne plus pratiquer d’IVG sur leurs patientes afin de faire entendre leurs revendications. La mise en danger de l’intégrité physique des populations dépendant des professionnel-le-s, quels qu’ils soient, est injustifiable.

Par ailleurs, nous regrettons qu’une fois de plus, la prison ne soit au centre de l’actualité que lorsqu’il est question des personnels. Les conditions de vie des prisonnier-e-s qui continuent de se dégrader ne sont toujours pas le sujet du débat national et leurs voix ne sont pas entendues. Le choix des parlementaires de ne se déplacer jusqu’aux prisons que dans le contexte de la grève des surveillant-e-s pénitentiaires est, en ce sens, particulièrement alarmant.

Le Genepi souhaite interpeller, fidèle à ses idéaux, sur les conditions de détention et le non-respect des droits élémentaires des prisonnier-e-s et de leurs proches. La réponse “sécuritaire” augmente quant à elle toujours plus le niveau de répression dans les prisons françaises et ne promet pas d’arranger les tensions.

 

Photo – Jean-François Monier. AFP

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