Des parlementaires dénoncent l’état de la prison de Nouméa

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Des parlementaires dénoncent l’état de la prison de Nouméa

Une mission de parlementaires écologistes est en Nouvelle-Calédonie depuis mercredi pour dénoncer les conditions "déplorables" de détention à la prison dite du Camp Est.

Emmenée par José Bové, la mission demande également la libération de syndicalistes indépendantistes.


Invitée par le "Collectif pour la défense des droits fondamentaux et la lutte contre les discriminations", créé à l’initiative du syndicat USTKE, la délégation compte, outre M. Bové, deux autres députés européens d’Europe Ecologie, Karima Delli et François Alfonsi, ainsi que deux sénateurs Verts de Paris, Alima Boumediene-Thiery et Jean Desessard.

Asticots dans les assiettes

"La République ne doit pas s’arrêter à la porte de cette prison. Or, c’est ce qui se passe. Les rats traversent les cellules, des prisonniers ont trouvé des asticots dans leur assiette. C’est la violation au quotidien des droits humains les plus élémentaires", a déclaré à la presse Mme Boumediene-Thiery, à l’issue d’une visite du centre pénitentiaire.

Situé dans des bâtiments datant du bagne, le Camp Est abrite environ 400 détenus pour 192 places, et figure au rang des prisons les plus délabrées de France.

En un an, quelque 18 détenus se sont évadés, le plus souvent en grattant les murs lépreux et en escaladant le mur d’enceinte, mal surveillé.

"Situation coloniale"

Trois gardiens ont par ailleurs été récemment agressés par des détenus. La délégation a en outre dénoncé "la sévérité de l’application des lois" en Nouvelle-Calédonie, qui "correspond à une situation coloniale". La visite des parlementaires intervient alors que Gérard Jodar, président de l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités), purge une peine de 21 mois au Camp Est, pour des actions violentes du syndicat. Deux autres responsables de l’USTKE sont également emprisonnés.

Mission d’inspection

"Nous avons pu les voir. Ils sont cinq dans une cellule de treize mètres carrés avec des WC à la turque et juste une trappe pour l’air. Mais ils ont un moral très fort et sont encore plus déterminés qu’ils ne l’ont jamais été", a déclaré José Bové.

Jeudi, la cour d’appel de Nouméa doit examiner une demande de remise en liberté de M. Jodar et de ses collègues.

En vue d’une "restructuration lourde" du Camp Est, une mission d’inspection de l’Administration pénitentiaire est également en Nouvelle-Calédonie, à la demande de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie.


Lien vers l'article [ 2010-01-08 - Chirine Heydari ]

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