GENEPI : Groupement Etudiant National d'Enseignement aux Personnes Incarcérées
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Communiqué du Genepi « Comparution = Prison / À qui la faute ? »

Du 12 au 16 mars 2018, des membres du Genepi dans toute la France s'intéressent de plus près au sujet de la comparution immédiate. Voici notre communiqué, qui pose les bases théoriques de cette action de sensibilisation nouvelle. Les participant.e.s à l'action seront présent.e.s dans et devant les tribunaux, afin de dénoncer le processus de la comparution immédiate, qui produit des personnes détenues "à la chaîne".

 

** Communiqué - Genepi France - Mars 2018 **

Comparution = Prison
À qui la faute?

Le 6 février 2018, le Genepi a signé avec le Collectif Justice-Prison une lettre aux parlementaires (cf. www.genepi.fr/a-100--parlementaires--apres-vos-visites-de-p…), une invitation cordiale à observer l’ensemble du parcours pénal, dont la prison constitue fatalement le dernier maillon de la chaîne. Nous leur avons ainsi proposé d’assister à des audiences de comparution immédiate.

La comparution immédiate ne constitue rien d’autre qu’un scandale, dans un pays où la Justice est fièrement arborée comme l’un des symboles les plus signifiants d’une supposée République des droits de l’homme. Mais, le président Macron ne l’a pas même mentionnée, lors de son discours à l’ENAP d’Agen, le 6 mars dernier.

Pour le Genepi, une association qui lutte au quotidien pour le décloisonnement des institutions carcérales, la comparution immédiate doit être dénoncée en tant qu’elle produit des personnes détenues à la chaîne, plus vite qu’il ne faut pour le dire. Rappelons donc ce chiffre : la comparution immédiate est 8 fois plus pourvoyeuse de prison qu’une audience classique. Rappelons aussi cette donnée méconnue, pourtant primordiale : la comparution immédiate dure en moyenne 29 minutes.

La personne qui comparaît risque quant à elle 10 années de prison.

On s’étonnera alors de la permanente surpopulation carcérale des prison françaises. 
La surpopulation est une conséquence, et elle doit être pensée en corrélation avec l’augmentation du recours à la comparution immédiate : 49 220 comparutions immédiates ont été prononcées en 2016, contre 31 693 en 2001.

D’ailleurs, si le temps du jugement est court pour l’auteur du délit, les victimes sont soumises aux mêmes délais, et il ne leur est pas toujours possible d’assister au procès.

Si 28 à 37% des personnes jugées en comparution immédiate n’ont pas de casier judiciaire, 
les études ont montré qu’il s’agit principalement d’hommes jeunes et précaires, rencontrant des problèmes de santé. Les personnes étrangères et sans domicile fixe sont, une fois encore, surreprésentées.

De plus, dans la chaîne judiciaire, chaque corps a une part de responsabilité.

L’État doit mettre en place une politique réelle des alternatives à l’enfermement, au lieu de s’entêter à construire plus de places de prisons. Une telle politique a déjà prouvé son inefficacité, et plus encore son inhumanité. Les procureur.e.s de la République peuvent quant à elleux, choisir d’autres manières de procéder au jugement. Iels ont le pouvoir d’agir, puisqu’“une comparution immédiate permet au procureur de faire juger une personne tout de suite après sa garde à vue” (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32129). Les juges disposent de toute une palettes de peines alternatives et iels devraient en être conscient.e.s.

La société civile, enfin, doit savoir qu’il est grand temps de faire évoluer la vision punitive qui conduit au “tout carcéral”.

Le Genepi veut agir et sensibiliser.

Ainsi, lors de la semaine du 12 au 16 mars 2018, le Genepi entend se déplacer au cœur de quelques audiences de comparution immédiate dans toute la France et entend se lever, silencieusement, pour marquer la lutte et le refus de cette procédure. Notre présence en tant que militant.e.s a pour objectif de sensibiliser le public des tribunaux, et celui devant les tribunaux, aux causes et conséquences d’une justice de classe, d’une justice fast-food, en fait inexistante.

Agenda prévisionnel au 08/03/2018
Poitiers, Marseille, Clermont-Ferrand, Lille, Strasbourg, Nancy, Rouen, Paris, Bobigny, Besançon, Lyon.

Affaire suivante ? Non, elle n’est pas classée !

 

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